Santé
 08.11.2017, 20:00

Vivre sa grossesse avec un diabète gestationnel

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Le bébé fait l'objet d'une attention particulière lorsque la maman a un diabète gestationnel.

Grossesse Le diabète gestationnel touche un petit pourcentage de femmes. Bien géré, il n'a pas d'incidence sur la femme et le bébé.

«J’ai appris que j’avais du diabète gestationnel à six mois de grossesse. J’ai dû effectuer un test spécifique. Il y a eu une prise de sang à jeun, puis j’ai bu une solution de glucose. Ensuite, il y a eu un test une heure après, puis deux heures après pour voir quel était le taux de sucre dans mon sang. Résultat: ma glycémie était trop élevée. Je ne m’y attendais pas du tout. C’était flippant et j’ai tout de suite eu peur pour mon bébé», explique Sylvie, une jeune maman d’un bébé de trois mois qui se porte comme un charme.

Comme elle, 5% à 7% des femmes enceintes souffrent de diabète gestationnel.

De quoi s’agit-il?

Il s’agit d’un diabète qui se manifeste uniquement pendant la grossesse. Il passe bien souvent inaperçu. «Dans 96% des cas, le diabète disparaît après l’accouchement et l’expulsion du placenta. Les hormones de grossesse s’en vont et la situation se normalise», précise la dre Gabriella Arnold-Kunz, spécialiste en diabétologie et endocrinologie.

Pendant la grossesse, les modifications hormonales vont augmenter les besoins en insuline de la future mère. Si le pancréas ne produit pas assez d’insuline, le taux de sucre dans le sang va augmenter. Le fœtus est alors exposé à des taux de sucre trop élevés.

Cela va stimuler sa production d’insuline, stimuler sa croissance et le stockage de graisse. Il pourrait naître avec une taille et un poids trop importants si le diabète n’est pas traité. Il pourrait aussi avoir des blessures lors de l’accouchement. Côté maternel, il y a des risques de prééclampsie qui se caractérise notamment par une élévation de la tension artérielle. C’est loin d’être anodin.

Une fois le diagnostic posé, Sylvie est allée voir son gynécologue. Il l’a informée et rassurée. «Il m’a tout de suite dit que mon bébé allait bien et que tout se passerait au mieux», explique la jeune maman. Elle s’est ensuite rendue à l’Association valaisanne du diabète. «Une infirmière m’a appris à prendre ma glycémie. Elle m’a donné des conseils alimentaires pour stabiliser ma glycémie.» Sylvie rentre chez elle avec un carnet et une mission: s’observer pendant une semaine.

Trouver des astuces

«J’ai pris régulièrement ma glycémie et noté tout ce que je mangeais. J’ai rapidement vu que les tartines du matin ou le plat de pâtes faisaient exploser mon taux de sucre.» Elle doit donc adapter son alimentation pour réguler son taux de sucre.

«J’ai dû privilégier les légumes et réduire les féculents. Au début, c’était très difficile. J’avais tout le temps faim», explique-t-elle. Petit à petit, elle trouve des astuces pour équilibrer son alimentation tout en mangeant à sa faim. «Le matin, je mangeais une tartine, puis une tranche de pain avec des tranches de dinde, par exemple. Aux repas principaux, j’ajoutais souvent une portion de salade de carotte. Cela m’aidait à être rassasiée. Dans la journée, je prenais une ou deux collations. Souvent, je cuisais des ailerons de poulets que je laissais dans le frigo pour les petits creux. L’après-midi, j’avais, entre autres choses, le droit de manger une ligne de chocolat», poursuit-elle.

Ce rééquilibrage lui a permis de gérer son diabète sans prendre de traitement. Mais ce n’est pas toujours le cas. «A ce moment-là, il faut rassurer la maman, lui dire qu’elle a fait au mieux mais qu’il faut quand même aider avec un traitement, de l’insuline. C’est le mieux pour le bébé», précise la docteure. A côté de l’alimentation, il faut également veiller à pratiquer une activité physique modérée, comme l’a fait Sylvie.

Sportive et svelte, Sylvie ne fait pourtant pas partie de la catégorie à risque. «Le diabète gestationnel touche plutôt des femmes qui sont en surpoids ou les femmes qui ont un terrain génétique favorable. Certaines ethnies sont plus susceptibles de le développer comme les femmes d’origine africaine, asiatique ou sud-américaine», explique dre Arnold-Kunz. Ces femmes feront l’objet de plus d’attention de la part du gynécologue.

Enfin, est-ce que les femmes qui ont eu un diabète gestationnel auront plus de risque de développer un diabète de type 2 (la forme la plus fréquente de diabète qui se manifeste généralement à l’âge adulte) par la suite? «Le risque est plus élevé. Dans les grandes lignes, on peut dire qu’il y a 20-25% de risque de développer un diabète à 20 ans. Reste qu’en retrouvant son poids de forme d’avant grossesse dans l’année qui suit l’accouchement, en adoptant une bonne hygiène de vie avec une alimentation équilibrée et la pratique d’une activité physique régulière, la personne peut diminuer de plus de 50% le risque de développer un diabète. C‘est encourageant», termine la dre Arnold-Kunz.

Plus d'infos: l'association valaisanne du diabète donne des informations et des conseils aux futures mamans.

Journée annuelle d’information sur le diabète

Caisses maladie: à quoi ai-je droit?

La personne diabétique doit prendre particulièrement soin de sa santé. Elle a besoin de médicaments, de matériel de contrôle, d’un suivi médical. Par période, elle va devoir suivre un enseignement infirmier ou nutritionnel. Toutes ces prestations ont un coût.

Qu’est-ce qui est pris en charge ou non par les caisses maladie? Ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver... Une conférence sur ce sujet aura lieu le 2 décembre au collège des Creusets à Sion lors de la journée annuelle d’information organisée par l’Association valaisanne du diabète.

Michel Reichenbach de Santésuisse viendra donner des informations précises à ce sujet. D’autres conférences viendront agrémenter la journée. L’ophtalmologue René-Pierre Copt abordera la Santé des yeux d’une personne diabétique. Un contrôle annuel s’impose pour prévenir le risque de rétinopathie diabétique.


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