Santé
 16.10.2019, 20:00

Mesdames, sachez reconnaître les signes de l'infarctus

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Maux de tête, de ventre, essoufflement, fatigue,... sauriez-vous reconnaître les symptômes de l'infarctus chez la femme?

Maladies cardiaques Les symptômes des maladies coronariennes diffèrent entre hommes et femmes. Conséquence: elles sont plus nombreuses à en mourir.

Première cause de mortalité chez les femmes en Europe, les maladies coronariennes ont tué 11 489 d’entre elles en Suisse en 2014 contre 9483 hommes. La raison de cet écart? Des symptômes différents et méconnus, ce qui réduit les chances d’être prise en charge à temps.
 


Les préjugés sont encore bien présents dans l’inconscient collectif: seuls les hommes de 50 à 60 ans, fumeurs et sédentaires, avec de l’embonpoint seraient concernés. Or, les femmes partagent aujourd’hui les mêmes rythmes de vies – et mauvaises habitudes – que leurs homologues masculins, ce qui n’est pas sans conséquences pour leur santé cardiaque. Ainsi, même si la mortalité due aux maladies cardiovasculaires chez les femmes tend aujourd’hui à diminuer, les risques d’infarctus pour celles de plus de 50 ans augmentent.

Savoir reconnaître les symptômes
 


Diagnostiquer une crise cardiaque chez l’homme est donc plus facile que chez les femmes: oppression et douleur dans la cage thoracique, douleur irradiante dans les deux bras et le cou. Mais chez la femme, ce peut être très différent: l’oppression thoracique demeure, certes, mais il peut s’agir parfois d’une sensation de pression dans le dos ou l’abdomen, de difficultés à respirer, de palpitations, d’essoufflements à l’effort voire au repos, d’une grande fatigue soudaine et persistante, de troubles digestifs, de nausées inexplicables ou ressenties de manière brutale ou intense, de vomissements.

Comme les symptômes ne sont pas aussi clairs que chez les hommes, le diagnostic est parfois erroné.
Dr Dominique Evéquoz, cardiologue

«Comme ces symptômes ne sont pas aussi évidents que chez l’homme, certaines femmes ne se rendent pas compte de ce qui leur arrive, explique le Dr Dominique Evéquoz. Certains médecins peuvent aussi se tromper de diagnostic. On manque donc plus facilement un infarctus chez les femmes. L’électrocardiogramme est également moins typique chez elles que chez les hommes. C’est pourquoi on procède systématiquement à une prise de sang et à un électrocardiogramme, pour valider ou non le diagnostic.»

Des maladies trop peu considérées?

Encore faut-il que les personnes se rendent aux urgences. Car les femmes semblent sous-estimer les problèmes cardiaques. «On constate que celles qui ont eu un infarctus, qu’elles viennent du Valais ou du reste de l’Europe, suivent beaucoup moins souvent les cours de physiothérapie cardiaque. Il y a un blocage étrange à ce sujet, sans qu’on sache pourquoi.»

Il faut savoir que les maladies coronariennes apparaissent plus tard chez elles que chez les hommes (rarement avant 50 ans, contre 40 pour ces messieurs). «On estime que la stimulation hormonale les protège», explique le cardiologue. Ainsi, les femmes devraient être particulièrement attentives durant leurs trois phases hormonales clés, à savoir la prise de la première contraception, la grossesse et la ménopause.

Les gestes qui sauvent

«Il y a un vieux dicton américain qui dit que si on a des douleurs thoraciques, il faut prendre une aspirine, précise le Dr Evéquoz. Une fois 500 ou 1000 mg. Mais si les douleurs persistent cinq à dix minutes, il faut appeler le 144, un médecin ou se rendre aux urgences. Il ne faut surtout pas se recoucher et venir quelques heures plus tard.» Pour des raisons biologiques, les infarctus surviennent généralement entre trois heures du matin et midi, parce que le sang s’épaissit un peu pendant la nuit. Mais il y a toujours des exceptions.

Etes-vous une personne à risque?

Parmi les facteurs aggravants des maladies cardiovasculaires, hommes et femmes
confondus, on peut citer le tabagisme, l’hypertension, un taux de cholestérol élevé, du surpoids, du diabète, la consommation d’alcool, un manque d’exercice physique ou encore le stress. C’est pourquoi il est conseillé d’éviter de fumer, de mesurer régulièrement son taux de cholestérol et de sucre dans le sang, de contrôler sa pression artérielle, de marcher une heure par jour et de manger de façon saine (en réduisant le sel, par exemple).

En savoir plus : Risquez-vous l'infarctus? (test pour hommes et femmes)

Il est aussi bon de s’intéresser au vécu de sa famille. «Si des proches sont concernés, il y a plus de risques d’être un jour touché par une maladie cardiovasculaire», explique le Dr Evéquoz, en précisant toutefois: «On parle ici de la famille proche, par exemple le père, le frère, le cousin du premier degré autour de 50 ans; 60 ans s’il s’agit de femmes.» Aussi, si vous vous sentez concerné, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin et à faire les examens nécessaires.

En savoir plus : Fondation Suisse de Cardiologie

En savoir plus : Société Suisse de Cardiologie
 

Quand la guerre augmente les risques d’infarctus

Les maladies coronariennes comme les infarctus ou les artérioscléroses (artères qui se bouchent) sont apparues de façon importante en Europe dans les années 50. Au début du XXe siècle, les hommes fument surtout la pipe. Pendant la Guerre de Crimée, n’en disposant pas, ils commencent à rouler des cigarettes. Même chose durant la Première Guerre mondiale où le tabac servait à calmer les soldats. Les premiers symptômes apparaissent environ vingt ans après. Or, dans les années 40, la priorité n’est pas à la résolution de ces problèmes sanitaires. Là où les nazis condamnent la fumée, les Américains distribuent des cigarettes à tout va. Après la Deuxième Guerre mondiale, les femmes commencent à s’y mettre. Les premiers symptômes apparaissent donc chez elles dans les années 70. En 1990, on considère encore que les infarctus sont des maladies d’hommes. Ce n’est que depuis les années 2000 que des campagnes de sensibilisation visent particulièrement la gent féminine, celle-ci consommant aujourd’hui au moins autant de tabac que les hommes.

 

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