Santé
 24.04.2019, 20:00

Comment en finir avec ses apnées du sommeil?

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L'apnée du sommeil se soigne notamment avec un appareil (CPAP) comme on le voit sur cette photo prise lors d'une campagne de sensibilisation de la ligue pulmonaire valaisanne il y a quelques années.

Sommeil Fatigue, somnolence, risque d'accident... Les apnées du sommeil péjorent la qualité de vie des personnes touchées. Témoignage.

Le syndrome d’apnée du sommeil touche 150 000 personnes en Suisse, 4% d’hommes et 2% de femmes. «Elle se caractérise par des pauses respiratoires involontaires durant la nuit. L’apnée dure plus de dix secondes et survient plus de cinq fois par heure. Dans les cas les plus sévères, on observe plus de trente apnées par heure, ce qui représente un arrêt respiratoire toutes les deux minutes», explique le Dr Jean-Marie Schnyder, pneumologue et directeur de la Clinique lucernoise à Crans-Montana.

Ces apnées perturbent le sommeil. A long terme, elles provoquent une grande fatigue chez la personne concernée, une somnolence la journée ou encore des maux de tête. Une campagne de prévention de la Ligue pulmonaire sensibilise la population à cette problématique. «Dans cet état, le risque d’avoir un accident est augmenté. De même, le système cardiovasculaire est passablement sollicité la nuit. Le risque de faire un AVC, de développer des maladies cardiovasculaires est plus important également. Quant au profil type, les personnes les plus touchées sont souvent en surpoids, âgées ou ronflent de façon importante», poursuit le Dr Schnyder.

Le risque de faire un AVC, de développer des maladies cardiovasculaires est plus important.
Dr Jean-Marie Schnyder, pneumologue et directeur de la Clinique lucernoise à Crans-Montana

Les apnées du sommeil ont compliqué la vie de Georgy. Il a souhaité raconter son parcours pour encourager les personnes concernées à se soigner. A 58 ans, il suit un traitement depuis une dizaine d’années et a vu une nette amélioration de sa qualité de vie. 

Une grande fatigue

«Chez moi, le syndrome est soit héréditaire, soit il est lié aux trois commotions cérébrales que j’ai eues à la suite d’un accident de voiture et à deux charges à la tête en pratiquant le hockey», explique-t-il. «Avant le traitement, je me sentais très fatigué la journée, surtout dans l’après-midi. Avec le temps, la situation empirait. Après ma journée de travail en tant qu’enseignant, je n’avais plus de rendement. Je devais m’aérer en pratiquant du sport pour ensuite réussir à effectuer mes corrections ou à préparer mes cours.»

Il avait également peur de s’endormir au volant. «En passionné de hockey et fan d’Ambri Piotta depuis trente ans, je prenais souvent ma voiture pour assister à des matchs en Suisse romande et au Tessin. Je devais régulièrement faire des pauses parce que je sentais arriver un coup de barre assez violent», raconte-t-il. Heureusement, il a toujours pu s’arrêter à temps.

Georgy a la chance de bénéficier des conseils avisés de son épouse Irabela. Elle connaît très bien le syndrome d’apnée du sommeil puisqu’elle travaille à la Ligue pulmonaire valaisanne et gère les stocks des CPAP, ces appareils qui permettent de soigner les apnées du sommeil. Son mari présente tous les symptômes, y compris les ronflements répétés la nuit.

Georgy consulte son pneumologue et comme imaginé, le diagnostic d’apnée du sommeil tombe. Georgy se voit remettre un CPAP pour se soigner. Il s’agit d’une machine (turbine produisant une pression positive) reliée à un masque qui envoie de l’air en continu dans les voies respiratoires. Cela empêche la musculature de la gorge de se relâcher et d’obstruer la respiration.

Apprivoiser l’appareil

«Au début, c’était difficile de s’habituer à l’appareil. Je portais le masque la première partie de la nuit, mais je n’arrivais pas à le remettre en fin de nuit. J’avais la bouche trop sèche», explique Georgy avouant que pendant deux ans, il a eu du mal à s’y mettre plus assidûment.

Irabela l’encourage et le coache. «J’ai également compris que je ne buvais pas assez durant la journée. J’ai commencé à m’hydrater plus régulièrement. Quand je me réveillais la nuit, j’allais boire un verre d’eau, puis, je pouvais remettre mon masque sans gêne.» Petit à petit, Georgy a pris ses marques et a apprivoisé l’appareil. Maintenant, il le porte toute la nuit et à chaque sieste depuis huit ans.

«C’était la seule solution pour me soigner et finalement, c’est devenu naturel de porter le masque. Je vois clairement les effets positifs sur ma santé. Mes nuits sont reposantes. Je suis nettement moins fatigué et me sens plus serein. Je n’ai plus de coup de barre au volant», continue Georgy.

C’était la seule solution pour me soigner et finalement, c’est devenu naturel de porter le masque.
Georgy, patient souffrant du syndrome d’apnées du sommeil

La vie du couple s’est aussi améliorée. «Avant, j’essayais de dormir avec mon mari, mais les ronflements perturbaient mon sommeil. Nous finissions souvent par faire chambre à part. J’étais très fatiguée et irritable. C’était une période difficile», confie Irabela. Maintenant, elle peut dormir aux côtés de Georgy. «La machine fait un peu de bruit, mais on s’y habitue», poursuit-elle.

Georgy encourage les personnes concernées à persévérer. «Elles ne doivent rien lâcher et demander de l’aide à des professionnelles si besoin», conseille-t-il. Le Dr Schnyder abonde dans le même sens et ajoute que généralement, les patients adhèrent bien au traitement. La Ligue pulmonaire valaisanne propose des consultations pour soutenir et guider les patients vers un traitement optimum. «Dans 70 à 75% des cas, tout se passe bien après un petit temps d’adaptation. Les patients s’habituent vite à l’appareil et voient leur qualité de vie s’améliorer rapidement. Les facteurs de risque pour les maladies cardiovasculaires reviennent aussi à la normale.»

En savoir plus : sur les apnées du sommeil

 

Quelques conseils pour améliorer la situation
Certains ajustements du mode de vie peuvent être bénéfiques pour les personnes souffrant du syndrome d’apnée du sommeil. Pour les patients en surcharge pondérale, il est conseillé d’essayer de perdre du poids.

«La consommation d’alcool, en particulier le soir, va relâcher la musculature des voies respiratoires et favoriser les apnées. Il vaut mieux éviter d’en boire, au moins le soir. De même, certains médicaments sont contre-indiqués, comme les benzodiazépines ou encore les antalgiques à base d’opioïdes. Il existe d’autres médicaments qui ne favorisent pas les apnées», explique le Dr Jean-Marie Schnyder.

Certaines personnes font des apnées uniquement si elles dorment sur le dos. «Nous les invitons à dormir dans d’autres positions», poursuit-il. Enfin, dans des cas d’apnées légers, il existe encore la possibilité de porter une orthèse d’avancement mandibulaire. «Ce dispositif, qui se place sur les dents, permet d’avancer la mâchoire du bas pour maintenir l’ouverture des voies respiratoires. Dans certains cas légers, ça peut être efficace», conclut le Dr Schynder.

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