Santé

Bronchiolite: au secours! Mon bébé a de la difficulté à respirer!

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Santé pulmonaire Très fréquente en hiver, la bronchiolite affecte le souffle des tout-petits. De quoi s’agit-il? Comment s’en prémunir? Qui contacter? On vous dit tout.

 13.01.2021, 20:00
La bronchiolite du nourrisson entraîne des difficultés respiratoires qui peuvent être impressionnantes. En Suisse, elles sont néanmoins bien prises en charge.

Entre octobre et mars, les virus sont nombreux à profiter du refroidissement pour envahir notre organisme et provoquer toutes sortes de réactions, parmi lesquelles fièvre, toux, nez bouché ou écoulement nasal.

Les jeunes enfants, dont les réponses immunitaires ne sont pas encore formées, ne sont pas épargnés par le phénomène. Chez les moins de 6 mois, le virus le plus fréquent est le VRS (virus respiratoire syncytial). Dans plus de 70% des cas, il engendre des bronchiolites, une infection des bronchioles (la partie la plus fine des poumons), la plus fréquente pour les voies respiratoires inférieures des nourrissons.

Quels sont les risques?

«La bronchiolite est due à un virus qui crée une inflammation des bronchioles, et donc un rétrécissement des voies respiratoires, ce qui entrave la respiration», explique la Dresse Alyssa Wüest, pédiatre en cabinet et médecin adjointe à l’hôpital de Sion. «Plus les enfants sont petits, plus les voies respiratoires sont étroites et plus ils sont touchés par ces inflammations.»

Les premiers symptômes de la bronchiolite sont ceux d’un banal refroidissement, mais la toux peut s’aggraver et engendrer des difficultés respiratoires.
Dresse Alyssa Wüest, FMH spécialiste en pédiatrie et en néonatologie, et médecin adjointe à l’hôpital de Sion.

Le virus produit également des sécrétions qui encombrent alors les bronchioles, en plus de l’inflammation, rendant la respiration d’autant plus compliquée. «Ces complications peuvent déboucher sur des décès, mais si cela est fréquent dans les pays en voie de développement, il n’y en a que rarement en Suisse où la population est sensibilisée par les pédiatres, par les médias, et où l’accès aux soins et la prise en charge sont rapides et facilités.» Seuls 2 à 3% des bronchiolites nécessitent d’ailleurs une hospitalisation.

En Valais, la maladie s’avère donc problématique principalement en raison de son fort potentiel de contagion, surtout chez les enfants de moins d’une année et durant la première semaine des symptômes. Les adolescents comme les adultes peuvent également attraper le virus, mais celui-ci sera souvent asymptomatique ou aux conséquences très faibles (développement d’un petit rhume ou d’une simple toux, sans complications). Ils peuvent cependant contaminer les plus jeunes.

Le tabagisme passif, un important facteur de risques

«Tous les parents qui fument à la maison augmentent les risques de bronchiolites de leur enfant», affirme la Dresse Wüest. D’autres bébés sont plus susceptibles de développer la pathologie, comme ceux prématurés ou qui présentent des maladies cardiaques ou pulmonaires. «De manière générale, les petits enfants de moins d’un an risquent des complications lorsqu’ils sont touchés par un virus.»

Quand et qui consulter?

Les premiers signes de l’infection sont ceux d’un banal refroidissement: «rhume, légère fièvre, petite toux, mais celle-ci peut s’aggraver après trois ou quatre jours».

Les sécrétions peuvent augmenter et déboucher sur des difficultés respiratoires: «Lorsqu’on constate que son enfant respire beaucoup plus rapidement, qu’il cherche son air, que l’espace entre ses côtes se creuse, qu’on entend des sifflements ou des ronronnements, il est nécessaire de consulter son pédiatre», conseille la Dresse Wüest. Cela est également recommandé si la fièvre de l’enfant dure plus de trois jours, ou s’il boit moins des deux tiers de sa consommation habituelle (il risque alors une déshydratation).

«Dans de rares cas, des apnées ou une cyanose peuvent apparaître (l’enfant devient bleu). Il faut alors réagir immédiatement, en appelant le 144 ou en se rendant aux urgences.»

Quels gestes adopter?

Il n’existe pas de traitement spécifique efficace. Soigner une bronchiolite repose sur le traitement des symptômes: «Procéder à une toilette nasale avec du sérum physiologique pour dégager les voies respiratoires supérieures et aider l’enfant à mieux respirer, utiliser un mouche-bébé lorsque les sécrétions sont trop importantes, veiller à une bonne hydratation, fractionner les repas, ou encore faire baisser la fièvre avec du paracétamol (dont le dosage sera adapté au poids du bébé).»

Dans les cas les plus graves, la prise en charge hospitalière peut impliquer la pose d’une sonde nasogastrique, d’une perfusion, ou la mise en place d’une assistance respiratoire, du matériel dont dispose l’hôpital de Sion.

«La maladie se transmet par les gouttelettes (sécrétions, toux, éternuement, postillons) ou par contamination des objets ou des mains.» Il est donc conseillé d’éviter le partage des jouets entre enfants et tout contact avec les personnes malades, de bien mettre sa main devant sa bouche quand on tousse ou qu’on éternue et de se laver régulièrement les mains. Des gestes aujourd’hui bien inscrits dans notre quotidien…

En savoir plus : Au sujet de la bronchiolite sur le blog de l’Hôpital du Valais.

La Société suisse de pneumologie pédiatrique met à la disposition des parents de la documentation explicative.

Les bronchiolites moins nombreuses grâce au Covid-19

Les deux maladies affectant les poumons, il est probable que la bronchiolite combinée au Coronavirus puisse présenter des complications plus sévères. Toutefois, aucun cas de ce genre n’a pour l’heure été attesté à l’Hôpital du Valais. Au contraire, le
Covid-19 aurait même des retombées positives sur les infections respiratoires des enfants en bas âge, comme l’explique la Dresse Wüest: «Nous constatons beaucoup moins de bronchiolites cette année, tant dans les cabinets que dans les hôpitaux, en raison sans doute des mesures de prévention (port du masque, respect des distances sociales, lavage des mains, etc.) Les gestes barrières réduisent les risques de transmission de tous les virus et l’on remarque une tendance à la baisse, en ce qui concerne les infections en pédiatrie.» 

A lire aussi : La vague de bronchiolite actuelle n'a rien d'anormal

 

Quand et qui consulter ?

Prenez rendez-vous avec le pédiatre…

  • Si votre enfant boit moins de deux tiers de sa consommation habituelle.
  • S’il a de la fièvre depuis plus de trois jours.
  • S’il présente une toux qui s’aggrave au bout de trois à quatre jours et/ou qui est encombrée de sécrétions.
  • En cas de difficultés respiratoires (respiration plus rapide que d’habitude, présence de sifflements ou de ronronnements, creusements sous les côtes lorsque l’enfant cherche son air, etc.)

Appelez le 144 ou rendez-vous aux urgences…

  • En cas de détresse respiratoire très importante.
  • Lors de l’apparition de cyanose (lèvres bleues).

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