Du besoin de faire «vroum vroum». Le grain de sel d’Estelle Baur

15 oct. 2021, 20:00
/ Màj. le 22 oct. 2021 à 18:55
Sion - 17 juin 2021  Portrait de Estelle Baur, journaliste NF.

Après nos articles sur les rodéos nocturnes, un ami m’a chargée de percer à jour l’un des grands mystères de notre société contemporaine: pourquoi ressent-on ce besoin de faire pétarader le moteur? Il n’en fallait pas plus pour titiller ma curiosité de journaliste et, entre deux forums de motards, j’ai trouvé LA réponse dans une très sérieuse étude de Maryse Pervanchon.

Selon cette psychologue, le véhicule serait un «objouet» ambigu entre peur (de l’accident) et plaisir (de l’accélération). Faire vrombir le moteur permettrait de signaler sa présence aux autres usagers de la route tout en affirmant sa puissance, puisque le bruit est intimement lié à la vitesse. Le «Wagen» allemand de «voiture» signifie d’ailleurs aussi «risquer».

Accélérer dans le vide serait une parade nuptiale prouvant qu’on a les moyens de griller de l’essence, le contrôle de la situation – grâce aux rétros qui multiplient les points de vue – et l’audace de rapprocher symboliquement plaisir et (petite) mort.

Mais pourquoi les conducteurs de bus ou de train ne roulent pas des mécaniques? La raison en serait leurs trajets qui, définis, les priveraient de liberté (en même temps, c’est pas plus mal: vous avez déjà entendu le klaxon d’un car postal?!).

Reste à savoir pourquoi la mouche s’obstine à nous casser les oreilles…


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par Estelle Baur