Médias
 10.10.2019, 11:46

Le salut par la qualité et la proximité

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Pauline Burnier, journaliste à "La Côte", en pleine interview avec un écolier aubonnois suivant ses cours dans la nature.

Nos médias La presse a connu de très belles années. Elle a aussi cru, comme tous ou presque, qu'internet lui offrirait profits infinis. Si, aujourd'hui, tout est plus rude, la crise accouche d'une belle promesse d'avenir pour les médias locaux: sur papier ou sur le web, le salut passera par une attention toujours plus marquée à ces deux mamelles de la locale que sont la qualité et la proximité.

Pendant près de 200 ans, la presse écrite a vécu selon un paradigme économique se révélant stable et rentable, ayant permis au « 4e Pouvoir » de jouer pleinement son rôle dans les démocraties naissantes. On disait alors d’un journal qu’il gagnait sa vie tant par l’argent de la publicité, pour deux-tiers, que par sa vente au numéro ou à l’abonnement, pour le tiers restant. Mais ce modèle dit « biface » semble avoir définitivement vécu. Du moins l’avènement d’internet le met-il depuis plusieurs années à rude épreuve. Et pour cause : la publicité se fait de plus en plus disparate, et donc rare, tandis que le lecteur a pris l’habitude (mauvaise?) de s’informer gratuitement.   

De là la nécessité de réinventer à la fois le métier de journaliste, tout en maintenant ses fondamentaux, à la fois repenser le système économique qui permet son existence. Et après des années de tâtonnement, une évidence semble se dessiner : faire porter aux annonceurs le gros du financement d’un journal n’est plus envisageable. C’est bien aux lecteurs qu’incombera désormais cette tâche. Pour autant, bien sûr, qu’il le veuille. 

«L’époque du tout gratuit est non seulement terminée, mais elle a surtout été une illusion»
Gilles Biéler Rédacteur en chef adjoint de «La Côte»

La presse est donc dans cette situation de devoir renforcer son lien – y compris financier – avec son lectorat. Mais cela ne se fera pas sans preuve. De nombreuses rédactions romandes – et mondiales – dont celles du «Nouvelliste», d’«Arcinfo» et de «La Côte», ont fait le pari ambitieux d’opter pour davantage de qualité journalistique dans l’information de proximité. Un engagement pris envers un lectorat qui a, lui aussi, à s’engager: certes, la survie de la presse passera par de la volonté et du talent, certes le monde politique va devoir penser sérieusement à une aide véritable par le biais de la subvention, mais le dernier mot, ou le premier, reviendra toujours au lecteur.

Le prix du travail bien fait

C’est en effet le lecteur-abonné qui décidera de faire confiance aux journalistes, et de les payer pour leur travail. «L’époque du tout gratuit est non seulement terminée, mais elle a surtout été une illusion», déclare Gilles Biéler, rédacteur en chef adjoint de La Côte. «Il s’agit d’en revenir au bon sens», ajoute-t-il. Ce même bon sens qui fait qu’un cuisinier ou qu’un garagiste ne brade pas son travail. Car l’information a un coût. Celui de journalistes professionnels que les mutations de la société forcent à devoir être encore plus pertinents. 

Dans le portrait consacré au journaliste Didier Sandoz, vous découvrirez une passion, pour une région, pour ceux qui l’habitent et pour la vérité. Vous lirez aussi comment la société, désormais judiciarisée et effrayée du moindre scandale potentiel, met en place des intermédiaires à tous les échelons pour maîtriser sa communication, rendant le travail journalistique toujours plus compliqué.

Et au travers des deux autres sujets de cette série, notamment notre interview du professeur au MédiaLab de l’université de Genève Philippe Amez-Droz, vous constaterez que, clairement pour nous, le verre est à moitié plein.
 


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