Hydroélectricité: 2 millions de francs investis pour la recherche et l’innovation en Valais

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Energies Les FMV, Alpiq, Hydro Exploitation et la HES-SO Valais-Wallis investissent deux millions de francs dans la création d’un laboratoire de recherche dédié à l’hydroélectricité. Cette structure devra permettre de dégager de nouvelles solutions technologiques pour améliorer notamment la flexibilité des installations existantes.

 31.08.2021, 18:00
De g. à d.: Stéphane Maret, Roberto Schmidt, Amédée Murisier, Cécile Münch-Alligné, Gaëtan Cherix et Elmar Kämpfen ont levé le voile mardi sur l’Hydro Alps Lab.

Aujourd’hui, le Valais consomme 70% d’énergie non renouvelable. Afin d’atteindre les objectifs de la stratégie énergétique cantonale, qui vise un approvisionnement 100% renouvelable et indigène d’ici à 2060, les principaux acteurs du domaine se doivent d’innover, en particulier en matière de numérisation. 

Le secteur de l’hydroélectricité est en première ligne face à ce défi. Aussi, les Forces motrices valaisannes (FMV), Alpiq et Hydro Exploitation viennent de sceller un partenariat avec la Haute école d’ingénierie (HEI) de la HES-SO Valais-Wallis. Celui-ci se matérialise via la création d’un laboratoire de recherche appliquée et développement: l’Hydro Alps Lab. 

Améliorer la surveillance

Cette structure est dotée d’un budget de 2 millions de francs sur cinq ans. Elle aura pour mission d’apporter des solutions technologiques innovantes, en lien avec la surveillance et l’amélioration de la production des aménagements alpins haute chute et au fil de l’eau. C’est la professeure HES Cécile Münch-Alligné, responsable du groupe de recherche Hydroélectricité au sein de la HEI, qui en aura la responsabilité. 

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«Nous allons travailler à la création d’outils permettant d’analyser l’état de détérioration et la durée de vie des machines hydrauliques, des vannes, des conduites forcées et d’autres composants de ces aménagements.»

Une «plus-value» pour la recherche

Son équipe planchera également sur des technologies de simulations numériques des écoulements et des structures, permettant d’optimiser les modes de fonctionnement des aménagements hydrauliques. Et afin d’améliorer les performances des centrales, le laboratoire aura aussi pour tâche d’y tester des technologies de machine learning et d’analyses de données. 

«Ce partenariat va nous permettre d’avoir accès à un parc de 160 centrales qui font toutes face à des problématiques différentes. La plus-value pour nos recherches sera importante», assure Cécile Münch-Alligné. 

Davantage de flexibilité

Comme le rappelle le ministre de l’Energie Roberto Schmidt, le Valais est le plus grand producteur d’hydroélectricité du pays. «Le tournant énergétique ne peut se faire sans nos aménagements. C’est pourquoi il est primordial d’optimiser nos infrastructures, à travers notamment de la recherche hautement qualifiée.»

Pour Amédée Murisier, responsable de la production hydroélectrique chez Alpiq, ces recherches permettront d’améliorer la «flexibilité et la réactivité» des centrales. Car dans un monde neutre en carbone, les aménagements hydroélectriques seront davantage sollicités qu’aujourd’hui. 

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«Imaginez que des nuages recouvrent la Suisse durant une heure: la production photovoltaïque diminuera, ce qui nécessitera une adaptation du fonctionnement de nos centrales pour faire face à la demande. Les outils technologiques développés dans ce laboratoire nous permettront de comprendre plus précisément l’impact de ces sollicitations sur nos installations.» 

La plus-value pour nos recherches sera importante.
Cécile Münch-Alligné, responsable de l’Hydro Alps Lab

Des propos corroborés par le directeur de Hydro Exploitation, Elmar Kämpfen. «A cela s’ajoute le fait que de nouveaux ponts vont pouvoir être créés entre l’industrie et les diplômés de la HES-SO Valais-Wallis.» 

Le big data au menu

Directeur général des FMV, Stéphane Maret indique que la société collabore déjà depuis plusieurs années avec la HEI. Les deux entités ont récemment mené une étude visant à optimiser la flexibilité de la centrale Gletsch-Oberwald. 

«Nous sommes parvenus à réaliser des simulations très concrètes, ce qui va nous permettre de mieux planifier le turbinage entre les heures pleines et les heures creuses. Ce nouveau partenariat vise à développer des réflexions similaires sur d’autres installations, en faisant appel à la digitalisation et au big data.» Le Valais est attendu au tournant.

Un budget de 2 millions de francs 

A terme, l’Hydro Alps Lab comptera dix personnes. Aux 2 millions de francs, financés à parts égales par les quatre partenaires, s’ajouteront des fonds tiers (OFEN, Horizon 2020, Horizon Europe, FNS, Innosuisse, etc.). Pour la HEI, ce partenariat doit notamment permettre de renforcer son pôle de compétences en hydroélectricité et offrir des possibilités de carrière dans la région pour les ingénieurs diplômés. «Tout ce système doit être considéré comme un cercle vertueux. Ainsi, les travaux de recherche viendront naturellement nourrir nos formations», explique Gaëtan Cherix, directeur de la HEI.


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