Le terroir valaisan

Pierre-Isaïe Duc: «J’aime les choses simples»

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rencontre gourmande Le comédien et metteur en scène aime la dôle, les prés, l’aigre-doux et les champignons. Simplissime. Il joue actuellement dans «Versant Rupal» au théâtre de Valère, l’occasion de lui demander ses souvenirs du Valais.

 14.09.2021, 10:00
J’aime les fleurs des prés, leur fragilité. L’œillet des poètes ou la scabieuse colombaire, j’aime leur côté éphémère. Un pré plein de fleurs c’est extraordinaire.

Votre premier souvenir de goût?

Je pense que c’est le biberon en verre de cacao avec le produits Guigoz. Ma maman faisait chauffer mon biberon au bain marie. Et le geste de ma mère sur son bras pour tester la chaleur afin que je ne me brûle pas.

Votre premier souvenir de bistrot ?

C’est vrai que j’y ai passé du temps! Je me souviens du bar et derrière lui les bouteilles que l’on voyait depuis la salle au Cher-Mignon. Il y avait la trancheuse pour la viande séchée. Mes parents proposaient fondue, tranches au fromage ou assiette valaisanne. 

Cet article se retrouve dans notre supplément «Terroirs» du 14 septembre 2021

Je me rappelle des pièces de viandes séchées qui pendaient derrière. C’était assez beau. Une ampoule pour les éclairer. Il fallait toujours se baisser pour ne pas les prendre en pleine tête. J’ai beaucoup aidé mes parents à faire les assiettes. Ma maman était réputée pour sa fondue. 

Sa recette: Les beignets au fromage
Le plat que je sais faire ce sont les beignets au fromage. Mais il ne faut pas me demander pour les proportions. Ma maman disait: «Mais tu vois, tu mets la farine, tu rajoutes un peu de bière, du blanc d’œuf très doucement. Un carré de fromage à raclette, tu enrobe ça avec la pâte et tu mets ça dans la poêle avec une huile qui est presque en train de frire. C’est un plat de mon enfance.

Plutôt acide ou sucré, cornichon ou sorbet abricot ?

Je pourrais mélanger confiture gruyère. J’aime bien l’aigre-doux! Ça dépend des moments de la journée. Ma tante tenait l’épicerie. Quand je sortais de l’école je passais chez elle, je prenais deux branches Cailler, je passais au bistrot je buvais un coca puis je descendais dîner. Avant le repas, sucré après le repas salé.

Vous vous souvenez des devoirs faits sur la table du bistrot?

On ne faisait pas tellement les devoirs. On jouait dans les granges, on tapait dans un ballon sur la cantonale entre Sierre et Montana. Quand il y avait une voiture on criait et on arrêtait de jouer.

Profil
1966 : Naissance à Chermignon
1987-1997 : Paris, Ecole de théâtre au Studio 34
2006 : écriture du «Le chant du bouquetin»
2017-2020 : la Compagnie Corsaire Sanglot (avec Isabelle Pellissier et Christophe Ryser) est pendant trois ans en résidence au théâtre des Halles. Travail de recherche sur la transformation d’un territoire donné entre Sierre et Chermignon en matière artistique et poétique.

Un repas pour lequel vous vous levez la nuit.

Les rognons de veau! Soit en moutarde, soit flambés. Ma maman les faisait avec de l’aïl, du persil. Elle les faisait longtemps dégorger. Et il y avait le flambage! Pour papa, il manquait toujours du cognac. C’était légèrement croquant et rosé. J’ai toujours aimé les mets de brasserie. Un délice.

Vous avez connu les vaches maigres à Paris?

Je vivais un rêve de partir de Chermignon et de vivre dans une chambre de bonne sous les toits. Je mangeais comme un abruti, peu de légume, en dessous il y avait une boucherie chevaline. J’ai connu les steacks de rosses. J’aimais bien. Et beaucoup de soupe, bouillon, fromage, œuf dedans et un bout de pain. J’ai essayé d’aller manger des hamburgers. J’ai compris très vite que ça ne tenait pas au corps. Tu manges et tu as de nouveau faim.

Il y a quelque chose que vous n’aimez pas manger?

Le foie de veau de mon enfance. Un traumatisme, je ne sais pas pourquoi.

Votre boisson de table préférée?

L’eau. (rire) je prends volontiers un verre de vin. Je n’aime pas beaucoup les assemblages. Ou alors très simples comme la dôle. L’assemblage pinot gamay quand c’est bien fait c’est magnifique. Je trouve que c’est dommage qu’en Valais on trouve de moins en moins de dôle. Comme si c’était un vin dénigré. J’aime bien le fendant aussi. Tu peux me donner une syrah ou un cornalin, je serai très content aussi, mais j’aime les choses simples. Parfois quand les assemblages sont trop complexes on ne sait plus ce qu’il y a dedans.

Avant d’entrer en scène, vous avez un rituel? Une forme de superstition?

J’aime bien manger avant de jouer. Style un steak, des pâtes et une salade. Sinon j’ai l’impression de ne pas avoir d’énergie. Il faut que je sois solide, posé sur les planches. 

Son Actualité :
«Versant Rupal», une pièce de Mali Van Valenberg de la compagnie «Jusqu’à m’y fondre». La pièce raconte l’histoire tragique de Reinhold Messner et de son frère Günther lors de l’ascension du Manga Parbat. Mis en scène par Olivier Werner. Avec Pierre-Isaïe Duc, Céline Goormaghtigh, Mali Van Valenberg et Didier Métrailler. Au théâtre de Valère du 15 au 19 septembre et du 20 au 23 avril 2022 au Crochetan.

Votre coin du Valais idéal?

C’est difficile. Les prés, si possible où on n’entend pas la route. C’est là où je me sens le mieux. Quand j’étais gamin, j’étais en champ. Mes parents n’avaient pas de vaches. Un type s’est pris d’amitié pour moi, Auguste. Pourquoi, je ne sais pas. J’étais tout le temps fourré chez lui. Il m’avait mis dans la mangeoire des petits veaux, m’avait fait enlever le pull et mis du sel sur le dos. Et les petits veaux me léchaient le dos. J’allais garder ses vaches dans les champs. Les prés c’est une telle richesse, c’est un biotope tellement incroyable entre les fleurs, les insectes. Je trouve que c’est multiculturel.

La saison qui vous inspire?

L’automne pour les couleurs. C’est comme un dernier chant de la nature. 

Votre animal préféré?

Je suis un passionné des combats de reine. La vache, c’est peut-être un souvenir d’Auguste. Au bistrot il y avait la table des éleveurs. Ça s’asseyait, ça discutait et au bout de cinq minutes ça s’engueulait! Ça doit être extraordinaire d’être une vache, paisible, sereine. Mais peut-être que les nôtres sont un peu plus tourmentées!


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