Le terroir valaisan
 13.09.2018, 08:00

Magazine «Terroirs»: Isabelle Gabioud, la reine des Simples

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A Sarreyer, les Simples sont le fruit du travail hautement artisanal d’Isabelle Gabioud.

bio Isabelle Gabioud a créé «Les Simples», un panel de produits bio labellisés élaborés à partir des plantes et de fleurs issues de ses cultures alpines. Reportage sur les lieux à découvrir dans notre magazine «Terroirs» de septembre 2018.

Isabelle Gabioud est une autodidacte. Secrétaire au service de l’agriculture de Châteauneuf, elle élaborait «sur le côté» et pour le plaisir des onguents, pommades et tisanes à base de plantes. Devant l’engouement suscité par ses produits, elle démissionne en 2005 pour se lancer dans l’aventure des plantes, avec son fils et son compagnon Hervé Berner. «Je n’ai jamais fait d’école des plantes, mais j’ai appris avec les anciens, de ceux qui ont toujours bon pied bon œil à 80 ans pour arpenter la montagne et repérer ces plantes dont ils ne connaissent que les noms en patois. Des gens du cru heureux de transmettre leurs connaissances et recettes, que je me fais un bonheur de remettre au goût du jour.» 

Principes actifs des plantes décuplés 

Un excellent créneau, le marché des plantes bio connaissant une pleine expansion. «Le Swiss made est porteur. Les labels bio et bourgeon soutiennent aussi notre commerce.» Sur ses parcelles éparpillées au mayen de Sarreyer, à Sembrancher et Commeire, à diverses altitudes et expositions, Isabelle cultive une cinquantaine de plantes, dont la sauge, la mélisse, le thym citronné, l’échinacée, le genépi, l’edelweiss, la verveine, la mauve. Et cueille aussi dans la nature l’achillée millefeuilles, le plantain, le sureau et d’autres sauvageonnes. «Quand j’introduis une nouvelle plante, je la dispatche un peu partout pour voir où elle se plaira. Si cela ne lui convient pas, elle se déplacera toute seule et trouvera sa place.» Un hectare de culture… c’est peu et beaucoup à la fois, quand la récolte se pratique à la main, fleur à fleur, feuille à feuille, au rythme des saisons. «J’apporte un soin particulier à la cueillette pour optimiser les principes actifs des plantes. Une tâche à effectuer dans de bonnes conditions, excepté des jours humides ou nuageux, en ombrageant au fur et à mesure la récolte. C’est ultra important notamment pour l’élaboration de compléments alimentaires. Cette cueillette lente et méticuleuse valorise extrêmement notre travail. Nos plantes sont belles et leurs couleurs, aussi.» La première cueillette s’étale de fin mars à début juin avec les thym, sauge, verveine, mélisse. «C’est toujours la plus belle récolte et je la destine aux tisanes tandis que la seconde, en automne, alimente mes sirops.» Tout au long de l’été, se succèdent les mauves, camomilles et calendulas. 

Mises en culture ciblées 

Une partie de sa récolte est séchée et conditionnée en petite quantité pour des sirops, tisanes, bonbons. Le reste est écoulé en vrac auprès d’entreprises et privés pour la confection de produits finis notamment en cosmétique. Isabelle collabore également avec des sociétés et start-up élaborant par exemple des dentifrices à base de plantes ou des gélules de compléments alimentaires. «Je leur livre des petites quantités pour leurs essais. Une fois que j’ai obtenu leur aval, c’est parti pour la culture. Nous avons besoin d’une mise en lien très collaborative entre nous et d’anticiper en permanence. Ce que je plante cette année ne sera récolté que l’an prochain et il m’est impossible aussi de passer subitement d’une production de 30 à 130 kg de plantes séchées.» Pour minimiser les risques, Isabelle coopère avec plusieurs producteurs indépendants deValplantes. «Les clients apprécient ce contact direct avec les producteurs, nous discutons énormément, je les encourage toujours à prévoir un plan B lors des commandes car une fois la culture lancée, c’est parti au minimum pour 3 ans.» Pour mener à bien ces multiples projets, Isabelle peut compter sur le site technologique PhytoArk, lequel rassemble, au travers de ses partenaires privés et publics, l’ensemble des compétences nécessaires à l’industrialisation de produits finis à base d’ingrédients naturels par les start-up et entreprises établies. «Nous bénéficions aussi des compétences d’Agroscope, très généreux en informations, de vrais coachs par exemple quand je me lance dans une nouvelle culture comme c’est le cas avec de petits épilobes. Par ailleurs très prometteuses.»  

 

infos pratiques

Retrouvez les Simples d’Isabelle Gabioud une fois par mois sur un marché d’artisan ou à thème, comme le marché de Noël à Sion sur le stand Bio Valais. www.lessimples.ch

Cet article peut être lu dans son intégralité dans notre supplément «Terroirs» de  septembre 2018 en cliquant sur le journal ci-dessous.


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