Vaccins et coronavirus. Par Yves Charlot

07 juil. 2020, 11:00
/ Màj. le 09 nov. 2020 à 11:03
Yves Charlot, médecin vétérinaire.

En ce qui concerne le Covid-19, les plus optimistes espèrent un vaccin pour l’automne. Est-ce réaliste et pourquoi est-ce si long? Même en simplifiant les étapes, il faudra près d’une année pour qu’un vaccin soit disponible, donc au mieux en début d’année prochaine. Cela serait un véritable exploit. Il faut habituellement plusieurs années pour concevoir un vaccin.

Les chercheurs vétérinaires travaillent depuis longtemps sur les coronavirus animaux, dont certains sont relativement proches de celui qui circule actuellement chez l’homme. Des vaccins ont été mis au point. Mais leur efficacité est hélas souvent décevante. Certains ont même posé problème, comme celui contre le coronavirus du chat (très différent du Covid-19 et non transmissible à l’homme), en augmentant potentiellement les risques pour l’animal ou en provoquant des réponses immunes inadaptées.

Pour le Covid-19, on relèvera qu’aucun vaccin n’a jamais été mis au point pour un coronavirus pour l’homme, même si des projets étaient bien avancés pour le Sras, en 2003 (l’épidémie s’était éteinte avant la fin des travaux).

Le principe d’un vaccin est de présenter des éléments d’un virus pour amener l’organisme à développer des anticorps qui vont lui permettre de combattre cet intrus. Il pourra garder en mémoire le passage du virus et s’il se présente de nouveau, le système immunitaire le reconnaîtra et répondra plus efficacement et massivement avec les armes qu’il a déjà créées.

On ne sait pas combien de temps peut durer cette immunité. Pour le Sras, les anticorps persistaient deux à trois ans.
Selon l’OMS, 70 vaccins sont actuellement testés. Les plus avancés dans l’évaluation sont deux chinois (CanSino Biologics et l’Institut de Biotechnologies de Pékin) et deux américains (Inovio et Moderna). Cela ne veut pas dire qu’ils seront les plus efficaces. Il y a ceux qui tentent de créer un vaccin ARNm (à l’origine des protéines), comme Moderna. C’est plus rapide à produire, mais aucun vaccin de ce type n’a jamais encore été approuvé pour l’homme. L’Institut Pasteur développe, entre autres, un vaccin sur la base d’un vaccin actif contre la rougeole. Il est donc bien connu et serait plus facile et peut-être moins cher à produire en masse (au mieux à la fin du printemps 2021).

Sources: François Meurens, professeur de virologie et immunologie vétérinaire, Oniris Nantes

En savoir plus: Le site du cabinet vétérinaire Les Berges du Rhône