Snuppy, le premier chien cloné, a fait des émules! Par Gaëlle Mandon

25 oct. 2021, 11:00
/ Màj. le 25 oct. 2021 à 11:51
Gaëlle Mandon, médecin vétérinaire.

Le clonage des animaux de compagnie est en pleine expansion dans certains pays tels que la Corée du Sud, la Chine et les Etats-Unis. Ce marché très lucratif (cloner son chat coûte au minimum 30 000 francs suisses, davantage pour son chien ou son cheval) est très mal régulé. Alors que certains pays tels que ceux de l’Union européenne interdisent le clonage à des fins commerciales, d’autres le tolèrent.

Des stars comme Barbra Streisand ont revendiqué dans la presse leur choix de cloner leur chien, mais la plupart des clients restent anonymes afin d’éviter des réactions souvent hostiles.

Mais il y a d’autres utilisations du clonage.

Par exemple, aux USA, le polo utilise massivement des chevaux clonés. Les joueurs sont amenés à changer de monture plusieurs fois lors des parties: ils évitent ainsi la perte de temps liée aux réglages des sangles, etc.

En Corée du Sud, 80% des chiens renifleurs utilisés dans les aéroports sont clonés, car le coût de formation d’un clone est deux fois moins important!

L’histoire du clonage de chiens a commencé en 2005 à l’Université de Séoul: Snuppy a été le premier chien issu d’un prélèvement sur l’oreille d’un lévrier afghan et d’une mère porteuse de race labrador. Pour obtenir ce résultat, les chercheurs sud-coréens ont transféré 1095 embryons vers 123 chiennes, trois opérations ont donné lieu à un début de gestation et deux ont abouti. Le second chiot est mort de pneumonie à l’âge de 22 jours. Le rendement était donc extrêmement faible, bien inférieur à toutes les autres espèces déjà clonées.

Mais à quel point les chiens clonés ressemblent-ils au chien d’origine? 

Les animaux clonés ont exactement les mêmes gènes que le donneur, mais il peut y avoir de légères différences dans leur expression: ainsi la couleur des yeux ou certaines marques peuvent changer.

La problématique est différente concernant le caractère du clone: en effet, le caractère du chien est influencé par l’environnement dans lequel il évolue et le propriétaire ne pourra jamais garantir de recréer l’environnement qui avait déterminé son chien donneur.

Pour l’instant, cette activité de clonage reste marginale, mais on peut s’inquiéter des motivations des sociétés offrant ces services et de son manque d’encadrement.

En savoir plus: Le site du cabinet vétérinaire Les Berges du Rhône