La rage, un risque toujours actuel. Par Gaëlle Mandon

31 août 2021, 11:00
/ Màj. le 31 août 2021 à 11:00
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La semaine dernière, le service vétérinaire des affaires vaudoises a pris une décision d’euthanasie sur Lokum, un loulou de Poméranie importé illégalement de Turquie, qui présentait des symptômes pouvant être ceux de la rage. Il s’est finalement éteint sans intervention humaine et seule l’autopsie permettra d’écarter ou non cette maladie.

Cette histoire, traumatisante pour les propriétaires du chien, rappelle que les importations illégales font peser un risque majeur sur la santé publique et sur la santé animale, alors que la Suisse a consacré des moyens importants à l’élimination de la rage du renard (autrefois le vecteur principal) pour pouvoir se déclarer indemne de rage terrestre depuis 1999.

La rage n’est pas pour autant une maladie du passé: elle est présente sur tous les continents (excepté l’Antarctique) et est principalement localisée en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique. Chez l’homme, elle entraîne systématiquement la mort une fois les symptômes déclarés: une personne en décède toutes les dix minutes dans le monde!

Tous les mammifères sont concernés, mais le principal réservoir de la maladie est le chien (sauf en Amérique du Sud où la chauve-souris l’a remplacé).

Chez l’homme, l’infection découle en général d’une morsure ou d’une griffure profonde d’un animal porteur du virus. Ce dernier peut transmettre la maladie jusqu’à quinze jours avant de présenter des symptômes, ce qui accroît sa dangerosité potentielle.

L’animal introduit frauduleusement de pays tiers où sévit la rage peut donc être en incubation de rage: à son arrivée en Suisse, des procédures sanitaires et administratives contraignantes pour les personnes environnantes (la famille, les voisins, les amis) et leurs animaux de compagnie susceptibles d’avoir été en contact avec l’animal concerné (traitement antirabique vaccinal préventif des personnes, euthanasie des animaux) peuvent être décidées.

Il est donc indispensable de respecter les recommandations (vaccination antirabique, sérologie) imposées lors d’un voyage avec son animal vers ces pays à risque de rage et de renoncer à ramener dans ses bagages un chien dont on ne connaît pas le statut sanitaire.

En savoir plus: Le site du cabinet vétérinaire Les Berges du Rhône