Femmes Valais
 13.12.2019, 19:01

Le Parlement valaisan a entendu l’appel du 14 juin et veut booster l’égalité

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La grève des femmes du 14 juin porte des fruits politiques en Valais.

Politique Le Grand Conseil a accepté ce vendredi huit interventions sur l’égalité déposées pour la plupart en marge de la grève des femmes. Quatre textes ont été balayés. On récapitule.

Demain, chaque femme et chaque homme travaillant à l’Etat aura le droit de baisser son taux d’activité d’environ 20% après une naissance ou une adoption. Cette motion, c’est l’une des graines que le Grand Conseil valaisan a laissé éclore, ce vendredi. Semées, pour la plupart, par la mobilisation du 14 juin, elles sont huit à avoir été arrosées d’un «oui» lors de cette matinée de session dédiée à l’égalité.

Sensibiliser sur les bancs d’école

Outre cette mesure pour les nouveaux parents - passée comme une lettre à La Poste sans aucun débat – sept postulats acceptés augurent des changements s’ils se concrétisent. Demain, une nouvelle structure d’accueil pour les victimes de violences domestiques pourrait par exemple voir le jour dans le Bas-Valais, où aucun centre de protection n’existe.

Des cours de prévention aux mêmes violences pourraient aussi être dispensés à tous les élèves du cycle d’orientation dans le canton. Alors que tous les futurs enseignants pourraient devoir suivre un module sur les stéréotypes de genre durant leur cursus.

«La grève des femmes a été un cri du cœur (…) contre les discriminations liées aux genres. Les professeurs guident les enfants dans l’apprentissage, mais aussi dans leur développement personnel et de genre», a appuyé la socialiste Margaux Dubuis, l’une des signataires du postulat.

A lire aussi : Après le 14 juin, trois idées pour un Valais plus égalitaire

Contrôle obligatoire des salaires?

Demain, quel sort sera réservé aux inégalités salariales? Une motion souhaitait que toutes les entreprises actives en Valais soient soumises à des contrôles obligatoires et sanctionnées en cas de non-respect de l’égalité.

Signée par l’Alliance de gauche, l’intervention a été décriée par une droite se disant convaincue par le but mais pas par le chemin. «Cette motion relève de l’impossibilité. Il faudrait beaucoup de ressources pour de tels contrôles. L’intention est bonne, mais elle n’est pas applicable dans la pratique», a argumenté le chrétien-social du Haut Diego Clausen.

Reste que le texte a fini par récolter un grand «oui»… après avoir été transformé en postulat au passage. Ce qui le rend nettement moins contraignant. «Ce que l’on peut faire pour lutter contre le travail au noir, nous devons le faire pour l’égalité salariale», a accentué la cosignataire centre-gauche PCSMadeline Heiniger.

Certains textes ne seraient certainement pas passés sans la mobilisation du 14 juin. C’est un signal positif pour le Valais.
Isabelle Darbellay Métrailler, cheffe de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille

Les quotas n’ont pas la cote

Demain, il n’y aura cependant pas de quotas féminins. Du moins, si l’on en croit la teneur des débats de ce vendredi. Une motion et un postulat voulaient booster la représentation des femmes, respectivement au sein des organes du Grand Conseil et dans les participations de l’Etat. Sinon par des quotas fixes, au moins par des incitations. Deux textes balayés. Avec, au cœur des discussions, les compétences: «Il semblerait humiliant pour un élu, homme ou femme, d’être choisi en raison de son genre», a livré le PDC Laurent Rey en argumentant contre le postulat touchant aux organes du Parlement. Albert Pitteloud de l’UDC a, lui, ironisé en parlant d’une «solution magique forcenée d’égalité».

Le balai a aussi ramassé la proposition de rédiger tous les documents de l’administration valaisanne en écriture inclusive. Tout comme celle qui voulait utiliser l’Accord intercantonal sur les marchés publics pour contrôler l’égalité salariale dans les entreprises.

A lire aussi : Etre une femme en 2019: six inégalités de genre en chiffres

«Globalement, on avance»

Au final, six mois quasiment jour pour jour après le 14 juin, le Parlement a davantage dit «oui» que «non». A ces textes, pour la majorité signés de la droite et de la gauche conjointement, désireux de booster le changement vers plus d’égalité.

Doit-on y voir un effet «grève des femmes»? Pour Isabelle Darbellay Métrailler, cheffe de l’Office cantonal de l’égalité et de la famille, «certaines interventions n’auraient certainement pas passé sans tout le contexte qu’a amené la mobilisation. Je trouve que c’est un signal positif pour le Valais. Si tout avait été refusé, cela aurait été une vraie claque. Globalement, on avance.»   


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