Femmes Valais
 14.06.2019, 12:00

"Ils ont osé, on préfère en rire": recueil d'anecdotes machistes entendues ça et là en Valais au 21e siècle

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"Ils ont osé, on préfère en rire": recueil d'anecdotes machistes entendues ça et là en Valais au 21e siècle

Sérieux? Ils ont osé. La petite phrase qui a d’abord fait sourire avant de mettre mal à l’aise. Le mot de travers, le sourire en coin, la réplique à l’envers. Aujourd’hui, jour de poing levé, elles ont choisi d’en pleurer… de rire. Et de vous partager ces anecdotes de machisme ordinaire.

1.

Je monte sur une échelle pour aider à accrocher des rideaux.

Un comédien: «Waouh! Quel cul!»
Moi: «Waouh quel con!»
Le même comédien qui hurle: «Putain mais c’que t’es vulgaire! Tu te prends pour qui? T’es qui? Parce que tu crois vraiment que t’as un beau cul?»

Ce comédien ne m’a jamais rappelée pour aucun projet, je suis trop vulgaire, ça doit être ça.

Sylvia Fardel, metteur en scène et comédienne 

2.

38 ans à l’époque, adjointe à la direction d’une PME genevoise. Lors d’un entretien de fin d’année, le directeur, satisfait de mon travail, me félicite: «Maud, vraiment, je tiens à souligner votre principale qualité professionnelle: vous n’avez pas d’enfant!»

Maud Caton, directrice RH

3.

Rendez-vous professionnel au restaurant.

Lui: Tu veux avoir des enfants, Kathleen?
Moi: Euh… Je n’en sais rien… Pas tout de suite, en tout cas! (?!?)
Lui: Parce que, vous les femmes, quand vous devenez mères, vous oubliez d’être des amantes!
Moi: …?!? Lui: Et, tu comprends, moi… avec ma grosse queue… (en me l’indiquant!)
Moi (avec ma fourchette de salade au fond de la gorge accompagnée d’un léger réflexe nauséeux): Euh… Peux-tu me rappeler pourquoi nous sommes ici, en fait?
Lui: Pour te proposer un job!
Moi: …!!! 

Kathleen Pralong Cornaille, journaliste 

4.

 

Au bout du fil, un client qui demande un renseignement technique. L’une de mes secrétaires lui dit qu’elle le met en contact avec Madame Balet Nicolas. Sauf que non, il ne veut pas parler avec Madame, il veut parler à un technicien. Et lorsque je décroche, il répète encore une fois que c’est avec technicien qu’il veut parler. Et là je lui demande quel est son souci puisque je suis armée pour lui répondre. Pas l’habitude qu’une femme puisse lui expliquer où il faut prévoir le trou de la vanne.
Anne-Brigitte Balet Nicolas, directrice d’entreprise de matériel incendie

 

5.

Ma première fille a une année et 2 mois et je suis enceinte de 7 mois de mon second enfant. J’ai rendez-vous avec deux jeunes commerciaux en fin de journée. Ils me trouvent en salopette de travail. La séance de dégustation se passe bien. Puis, l'un des deux me demande si j'attends un garçon ou une fille. Je réponds que j'attends une deuxième fille. L'autre me rétorque avec un grand sourire: «C'est bien les filles, comme cela, tu auras deux hôtesses pour la vente de vin.» Ça m'a particulièrement choquée qu’ils sous-entendent que la place d'une femme est forcément à la vente de vin. Sans dénigrer ce rôle je ne veux pas que mes filles se mettent dans la tête qu'elles ont uniquement leur place derrière un bar en «hôtesse» que dessous le tracteur comme mécanicienne agricole!  

Sandrine Caloz, œnologue

6.

Lui: Bonjour, je souhaite parler au responsable du site internet ?
Moi: C’est moi, je vous écoute.
Lui: Non, non, vous ne m’avez pas bien compris, j’ai dit AU responsable.
Moi prenant une voix plus grave histoire de faire de l’humour: Oui, allô! Que puis-je pour vous?

Et il raccroche.

Alexia Philippoz, journaliste 

7.

 

Imaginez un président de commune valaisan, la quarantaine flamboyante, du charme, de l’intelligence et une pointe d’arrogance. Lors d’une interview, il me confie en parlant d’une de mes collègues: «Mais pourquoi la dernière fois vous m’avez envoyé une vieille?» Je lui demande s’il y a eu un problème dans le traitement de l’info, il me répond: «Non. Mais je préfère quand même discuter avec la petite jeune à qui j’ai eu affaire une fois ou deux. A partir d’un certain âge, il ne faudrait plus vous envoyer sur le terrain», lâche-t-il avec un grand sourire. 
France Massy, journaliste

 

8.

Le client, à qui je rends visite depuis de nombreuses années pour ses différentes campagnes publicitaires, est un annonceur fidèle et régulier, actif dans le domaine de la restauration. Les premiers temps, son comportement est resté correct. En présence de sa femme, qui est également impliquée dans l’affaire et y travaille, les propos restent courtois et professionnels. Après un rendez-vous dans son établissement, je reçois ce message SMS: «La mini te va à ravir.» Je ne réponds pas. Au rendez-vous suivant, je renonce à porter une jupe. A la fin de l’entretien, nouveau message: «Cette fois, tu n’as pas mis la mini, je suis déçu…»

Magali Coppey Dubuis, conseillère à la clientèle  

9.

Lors d’une promotion à un poste de cadre dans les ressources humaines, j’avais mis en place des entretiens individuels avec tous les managers avec lesquels j’allais collaborer. Lors d’une de ces rencontres, un manager me dit que ça ne va pas être facile pour moi. Ne comprenant pas ce qu’il insinue, je lui demande de m’expliquer ce qu’il entend par là et il me répond: «Vous avez tous les défauts. Vous êtes une femme, vous êtes jeune et blonde de surcroît. Cela va être difficile pour vous d’obtenir la confiance des managers.»

Jessica Voide, spécialiste RH 

10.

C’est un soir de congrès PDC. Le raout officiel terminé et mon article en boîte, je m’offre une bière au bar. J’intègre un petit groupe pour discuter et m’informer. Un ancien conseiller d’Etat m’interpelle: «Mais Madame Germanier, vous buvez une bière à la bouteille. C’est obscène pour une femme.» Moi: «Si vous Monsieur m’aviez offert un verre de vin, je boirais dedans.» C’est de nouveau un soir de congrès PDC, deux ans plus tard. Le raout officiel terminé, je discute au sein d’un petit groupe. Le même ancien conseiller d’Etat m’interpelle de nouveau. «Mais Madame Germanier, vous vous tassez.» Je baisse les yeux et lorgne sur mes baskets: «Je me quoi?» «Vous pourriez porter un petit talon quand même.»

Stéphanie Germanier, journaliste politique

11.

Rendez-vous avec un musicien à son domicile. Un petit retard permet d’échanger quelques propos avec son épouse. Cette Valaisanne s’intéresse au métier de journaliste qu’elle aurait aimé pratiquer. Arrive en fanfare l’homme de la maisonnée: «Je parie qu’elle vous a parlé des enfants. Vous en avez? Trois! C’est beaucoup. Vous n’avez pas pensé arrêter de bosser? Non? Mais votre mari travaille quand même? Et quand vous n’êtes pas là, qui s’occupe de vos jeunes?» La seule réponse pour stopper ce flux de questions a été de lui indiquer que j’invitais mes bambins à m’attendre dans la cavité qui me sert d’économat. Je n’ai jamais su si cet habitant du canton comprenait l’humour ou s’il pense encore avoir rencontré une folle. 

Cathrine Killé Elsig, journaliste 

12.

 

Il y a quelques semaines, je finissais mon entraînement de jambes au fitness lorsqu’un coach s’approche de moi et me dit: «Tu as des cuisses comme un mec toi! Ce à quoi j’ai répondu: «Il ne me semble pas avoir vu un homme dans cette salle avec des cuisses aussi musclées que les miennes.» Il a ri, gêné, et a tenté de se justifier.
Fanny Clavien, bodybuildeuse 

 

13.

La scène se passe dans le train, destination Nyon, secteur première classe pour une séance de direction. Nous sommes quatre cadres. Un débat animé s’amorce. J’argumente. Un des interlocuteurs m’interpelle:

Lui: … Tu les as?
Moi: Euh, de quoi tu parles?
Lui: Bin, tu sais?
Moi: Non.
Lui: Mais oui... T’as tes règles?

Sandra Jean, directrice des rédactions

14.

Inauguration officielle d’un commerce de Sion. En tant que partenaire commercial, j’y assiste, seule, à titre professionnel et par sympathie pour le patron du lieu que j’ai rencontré 1-2 fois auparavant pour planifier sa campagne de pub. Après avoir partagé un verre en sa compagnie et échangé quelques mots avec d’autres invités, je retourne le voir afin de prendre congé. Au moment de la poignée de main, il me tire un peu à lui et me chuchote à l’oreille: «Je ferme à 23 h, tu reviens plus tard me voir?» Quelque peu déstabilisée par cette proposition tout à fait indécente, je reprends vite mes esprits pour lui répondre: «Pourquoi? Tu veux me présenter ta femme que je ne connais pas encore?» Après cette anecdote, le client a été muté chez un de mes collègues masculins qui n’a jamais reçu de propositions de ce genre de sa part. 

Silvia Da Silva, conseillère à la clientèle


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