FC Sion: ils ont gagné la coupe. Que sont-ils devenus aujourd'hui? (7)

Ils sont nombreux, les mercenaires du FC Sion à avoir gagné une Coupe de Suisse avant de partir tenter leur chance ailleurs. Que sont devenus les Paulo Vogt, Guilherme Afonso, Outtara, et autres Aurelio Vidmar? Le web a gardé leurs traces. Episode 7 avec Vladan Lukic, buteur providentiel venu de Serbie.
07 août 2015, 15:28
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Ce 8 juin 1997, sur pénalty, Vladan Lukic bat Beat Mutter et ramène Sion à 3-3.

Quand on pense à la Coupe de Suisse et au FC Sion, on retient souvent le nom des héros: les buteurs. Les Valaisans, évidemment, majoritaires, les Balet, Bonvin, Orlando, Rey, Wicky, mais aussi les "mercenaires", qui ont apporté leur pierre à l'édifice. Les "Ouh Ah Outtara" résonnent encore dans les oreilles des supporters présents au Wankdorf en 1995, lors de la victoire finale sur Grasshopper, grâce au doublé de l'Ivoirien. Lukic ou Vidmar ont aussi contribué à la légende. 

D'autres, comme Paulo Vogt ou Obinna Nwaneri, El-Adari, Monterrubio ou Paito, n'ont pas marqué le jour J, mais ils ont évidemment une part prépondérante dans le parcours exceptionnel du club valaisan dans cette compétition. On a tenté de retrouver leurs traces sur internet. Certains parcours sont... singuliers.

"Le Nouvelliste" vous propose de partir sur leurs traces à travers les méandres du web. 

Episode numéro 7, avec l'un des attaquants les plus efficaces de l'histoire du club. Vladan Lukic n'aura joué que 29 matchs sous le maillot du FC Sion, durant la saison 1996/1997. Le Serbe a tout de même eu le temps de marquer à 15 reprises, dont un pénalty, en finale de coupe face à Lucerne, qui a permis aux Valaisans de revenir à 3 à 3 et de l'emporter finalement en séance de tirs au but. Autant écrire que Lukic a grandement participé au doublé cette année-là!

 

Débarqué à Tourbillon en 1996 de son Etoile Rouge de Belgrade natale, où il s'était imposé comme capitaine (101 buts en 171 matchs), et après un passage éclair du côté de l'Atlético Madrid en 1993, celui qui a évolué aux côtés de Savicevic, Prosinecki (qui entraînera l'Etoile Rouge sous le règne de Lukic) ou Mihaljovic montre qu'il est un vrai chasseur de buts.

 

De quoi se faire remarquer par nos voisins français. C'est Metz qui finit par l'engager. Et le club lorrain ne regrettera pas son investissement. Au départ en tout cas. Lukic marque dès son premier match sous le maillot grenat, face à Lyon. Metz finira deuxième du championnat de France, mais pas vraiment grâce à son buteur serbe qui se contentera de marquer 8 buts en 42 matchs, puis seulement 4 la saison suivante. 

Mais en mars 1999, Lukic n'a plus la tête au football. Son pays, la Serbie, est en guerre et il ne peut pas rester les bras croisés. Il demande au légendaire président Carlo Molinari de pouvoir rejoindre ses compatriotes. Le site Rennes.maville.com reprend un portrait paru dans "Ouest France" en 2011, qui revient sur cet épisode hors du commun dans le parcours d'un footballeur professionnel, qui affirme que "la Serbie est une victime. Personne ne changera nos frontières contre notre volonté." 

Sans prendre les armes, Lukic passera trois mois sous les drapeaux, usant de sa popularité pour remonter le moral des troupes et des civils. 

Quelque mois plus tard, il tentera une expérience en Grèce, mais le coeur n'y est plus et Lukic met un terme à sa carrière en 2000, alors qu'il n'a "que" 30 ans.

Retour à Sion

En 2009, il revient à Sion, pour un match amical, avec l'Etoile Rouge de Belgrade qu'il présidera jusqu'en 2012. 

Des méthodes "à la Constantin"

Ses méthodes ne sont pas sans rappeler celle d'un certain... Christian Constantin. Il "usera notamment" 5 entraîneurs en trois ans seulement. Et, en octobre 2011, la BBC rapporte qu'il avait mis à l'amende 9 joueurs de l'Etoile Rouge après un match amical pour "manque d'engagement". Son club avait pourtant remporté la partie. Insuffisant pour le président Lukic qui a même eu l'audace de condamner l'un des buteurs de la rencontre, le Brésilien Mezenga, à payer 5'000 euros. "Le club a un règlement très clair sur les primes et les amendes et il était temps de rappeler à certains que leur manque d'engagement pour l'Etoile Rouge ne sera pas toléré", avait justifié le dirigeant. 

Incapable de redresser les finances abyssales du club (plus de 60 millions de francs), il devra démissionner. Dans le portrait que lui a consacré Moselle Sport en 2012, il explique: "je n’ai plus l’énergie, plus la force nécessaire pour maintenir le club au sommet et j’ai donc décidé de laisser la place à quelqu’un d’autre qui sera à la hauteur."

 

Prochain épisode: Guilherme Afonso