Entre les ceps
 15.12.2019, 18:00

Quand les bulles s’imposent...

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Patrice Rudaz, directeur (à gauche) et Bruno Geiger, responsable de l’oenologie, trinquent au succès du Brut du Valais millésimé.

Festif Le Brut millésimé 2013 de Jacques Germanier a raflé la meilleure note de la catégorie vins effervescents au Grand Prix du vin suisse 2019. Une bonne raison de trinquer avec des bulles valaisannes en cette fin d’année!

Plus d’un million de bulles par coupette! Un billet simple course vers la légèreté de l’âme. Un aller direct vers le no man’s land de l’euphorie… C’est ce que nous promet un déci de vin effervescent vinifié selon la méthode champenoise traditionnelle selon Gérard Liger-Belair, spécialiste de l’effervescence.

On comprend mieux dès lors pourquoi les bulles sont synonymes de festivités. A l’approche des fêtes de fin d’année, le sujet s’impose, d’autant que selon le comité interprofessionnel du vin de champagne, les Suisses plébiscitent les bulles. En 2018, notre pays s’est placé au deuxième rang mondial des consommateurs de champagne. 

Pourtant, la qualité des vins mousseux helvétiques se confirme chaque année et leur prix est attrayant. Les caves valaisannes ne sont pas à la traîne. La preuve avec le Brut millésimé 2013 de Jacques Germanier qui a décroché la meilleure note lors du Grand Prix du vin suisse 2019, le concours national de référence. 

 

 

La vision d’un pionnier

L’histoire du Brut du Valais commence en 1985. «A cette époque, la Suisse achetait dix millions de bouteilles de champagne. J’ai pensé qu’il y avait une place à prendre», nous confiait Jacques Germanier en 2015. En vrai businessman, le propriétaire encaveur de Conthey convainc ses fournisseurs de vendanges d’arracher le Chasselas pour replanter du Chardonnay, le cépage le plus apte selon lui à la prise de mousse. Son but: produire un vin effervescent 100% AOC Valais capable de rivaliser avec les grands champagnes.

«Nous avons procédé à moult essais», se souvient Bruno Geiger, responsable de l’œnologie. «Finalement, nous avons opté pour une maturité un peu plus élevée qu’en Champagne, car notre terroir garanti une belle acidité même avec des raisins récoltés à 88° Oechslé.»

La qualité sanitaire du raisin est bien sûr primordiale. Pas de cagettes à vendanges, mais des plateaux à fruits où les grappes sont posées délicatement avant de passer au pressoir, sans foulage ni égrappage. «Et surtout, un pressurage tout en douceur, avec seulement 50% de rendement.»

Ajoutez à cela une lente fermentation en bouteilles (qui donne naissance à la bulle), un stockage entre vingt-quatre et trente-six mois dans des tunnels afin de garantir une température et une humidité constantes, un remuage à la main et un dégorgement sur place. Et en 2004, le Brut du Valais remporte son premier grand succès. Il décroche une médaille d’or au concours des Chardonnay du monde aux côtés des champagnes Deutz, Ruinart et Nicolas Feuillatte.
 


Dégustation du Brut du Valais millésimé 2013
Une robe pâle aux reflets verts, un bouquet de fleurs et de fruits blancs, des arômes de pâtisserie. De fines et délicates bulles. Une bouche équilibrée avec une finale racée et gourmande. 
 


Un Brut toujours plus racé

A la direction de l’entreprise depuis le décès de son fondateur en 2017, Patrice Rudaz garde le cap. S’il souligne le tempérament et le charisme hors pair de Jacques Germanier, «un entrepreneur touche à tout jamais à court d’idées», il a dû néanmoins, au fil des ans, restructurer le groupe (qui comptait une vingtaine de sociétés dans le monde en 2004) pour être plus efficient dans un contexte difficile. 

Côté vinification, le directeur peut compter sur Bruno Geiger, en place depuis 42 ans, «un véritable pilier de la cave». A la veille de sa mort, Jacques Germanier avait demandé à Bruno Geiger de ne jamais modifier le dosage de la liqueur d’expédition. «Il voulait un Brut (de 6 à 12 g de liqueur autorisée par litre) qui plairait au plus grand nombre, mais pour apporter plus de race et toucher la grande gastronomie, j’ai quand même baissé légèrement la liqueur», avoue le maître de chais.

Le succès des vins effervescents de la cave du Tunnel (Brut du Valais réserve, Brut du Valais millésimé et Brut du Valais rosé) se confirme à chaque compétition internationale. Malgré un marché tendu, Patrice Rudaz se targue d’une légère progression. «Nous prospections beaucoup, même à l’étranger. Le Canada, l’Allemagne, les USA, l’Amérique du Sud et même le sud de l’Italie, sont intéressés par ce Brut champion suisse!»
 

A lire aussi: Anthony Baselgia, à la cave Jean Maret l'acteur principal joue la simplicité
 

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Dates clés

  • 1968 Fondation de la cave Jacques Germanier à Conthey
  • 1983 Après trois grosses années de récolte, Jacques Germanier demande à ses fournisseurs de vendanges d’arracher le Fendant et le Pinot pour les remplacer par du Chardonnay. Il assure un prix du kilo nettement supérieur à celui des deux cépages dominants. Dans la foulée, il diversifie la production valaisanne en plantant une vingtaine de variétés internationales.
  • 1991 Premier millésime du Brut du Valais, achat d’un domaine de 110 ha en Afrique du Sud et construction d’un tunnel de 800 m² pour stocker le Brut du Valais à Conthey.
  • 2004 Premier grand succès pour le Brut du Valais qui décroche une médaille d’or au concours des Chardonnay du monde aux côtés des champagnes Deutz, Ruinart et Nicolas Feuillatte. Le groupe Jacques Germanier compte 22 sociétés dans le monde.
  • 2013 Un millésime en or pour le Brut du Valais millésimé qui, présenté à trois compétitions de prestige, récolte la plus haute distinction (médaille d’or en 2018 au Grand Prix du vin suisse, médaille d’or en 2019 à Expovina et meilleur vin suisse effervescent au Grand Prix du vin suisse 2019).
  • 2017 Décès de Jacques Germanier. Sa fille unique et héritière Sophie gère le domaine 100% bio en Afrique du Sud. Patrice Rudaz, contrôleur de gestion du groupe Germanier depuis 15 ans, prend la direction de la cave du Tunnel. Il peut compter sur de fidèles collaborateurs et collaboratrices.

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