Entre les ceps
 19.05.2019, 18:00

François, la nouvelle vertu des Schmaltzried

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En plus de son activité d'œnologue à la cave La Petite Vertu et d'enseignant, François Schmaltzried siège au comité de l’UVEV (Union des vignerons et encaveurs du Valais) présidé par Marie-Thérèse Chappaz.

Portrait Œnologue, enseignant, papa de deux garçonnets et patron de la cave La Petite Vertu à Chamoson, François Schmaltzried jongle avec bonheur entre ses différentes casquettes.

Le jour où on l’a rencontré, François Schmaltzried avait rendez-vous avec un notaire. Trois heures plus tard, il devenait patron à 50% de la cave La Petite Vertu, fondée par son père en 1987. On en profite pour lui poser une question qui nous taraude. Pourquoi Petite Vertu? «Je ne sais pas trop. Bien que les Schmaltzried soient installés à Chamoson depuis 1802, le nom ne sonne pas vraiment francophone, du coup, mon père a préféré choisir un nom de fantaisie. Pour lui, la vertu se doit d’être grande, lui adjoindre le qualificatif de petite devait interpeller le consommateur.»

L’enseignant

La passation de pouvoir se passe bien. «Mon père garde la main sur la partie marketing et vente et me laisse le champ libre pour tout ce qui touche à la vigne et au vin.» Ingénieur en viticulture et œnologue, François souligne l’importance de chacun de ces métiers. «Garder le lien entre la terre et le vin est primordial. C’est d’ailleurs une de mes phrases clés dans les cours que je donne aux viticulteurs et aux cavistes.» Enseignant depuis une dizaine d’années l’œnologie à Châteauneuf, l’homme aime la pédagogie. «Transmettre le savoir, c’est primordial. Je suis un prof décontracté, assez informel. J’emmène mes élèves sur le vignoble pour qu’ils intègrent bien l’importance du travail de la vigne afin de se donner toutes les chances pour une belle vinification.»
 

Garder le lien entre la terre et le vin est primordial. C’est d’ailleurs une de mes phrases clés dans les cours que je donne aux viticulteurs et aux cavistes.


Le papa

«Le mardi, je suis d’abord le papa de Jean (4 ans) et de Hugo (2 ans). Chez nous, le partage des tâches n’est pas un simple concept. On joue la carte de l’égalité parfaite.» François Schmaltzried partage sa vie avec Sarah Besse, une œnologue réputée, à la tête du domaine de ses parents, Patricia et Gérald Besse à Martigny. Pas trop compliqué d’exister face à une jeune femme décidée et régulièrement médiatisée? «Notre relation est basée sur le respect. Pas de compétition ni de concurrence entre nous», assure-t-il. «Au contraire, comme nous sommes tous deux passionnés, nous pouvons parler des heures de vigne, d’œnologie et de vin, ce sont des sujets sans fond. Nous gérons nos deux maisons de manière totalement indépendante, mais échanger nos points de vue nous galvanise, nous tire en avant.»

L’œnologue

Sur 5 hectares, la cave produit neuf blancs, neuf rouges, un vin rosé et un mousseux de Pinot Noir, tendrement baptisé Câlines, un Brut de Brut élaboré de A à Z par François. «Je pense être le seul en Valais – avec la Cave du Tunnel – à faire la prise de bulles et l’élevage sur lattes.» Il apprécie les vins secs, est un inconditionnel d’un Fendant gouleyant et fruité, admet l’opulence chez le Johannisberg et préfère marier structure et fraîcheur dans les rouges. Dans l’assortiment de la maison, on trouve deux crus élevés en barrique et les Libertine, des assemblages déclinés en rouge et blanc.

François Schmaltzried vinifie de A à Z un mousseux de Pinot noir Brut de Brut, tendrement baptisé Câlines. © Héloïse Maret
 

L’homme engagé

A 37 ans, le vigneron-encaveur sent bien que le Valais viticole est à un tournant. L’appel du bio se fait pressant. François travaille déjà 50% de son vignoble sans herbicide. «Mais c’est un investissement financier important. Il faut se donner un peu de temps pour y arriver. Je vais continuer sur la voie tracée par mon père tout en prenant des mesures pour une viticulture plus durable.» Il prône une viticulture biologique capable d’une certaine souplesse vis-à-vis du dogme afin de conjuguer respect de la terre et des travailleurs, conditions climatiques et réalités économiques et avoue être trop cartésien pour la biodynamie.

Engagé dans la défense professionnelle, François Schmaltzried siège au comité de l’UVEV (Union des vignerons et encaveurs du Valais) présidé par Marie-Thérèse Chappaz qu’il qualifie affectueusement de «Federer du vin». «Avec la réforme des appellations d’origine, nous devons veiller à ne pas affaiblir notre AOC lors du passage vers une AOP trop permissive.»
 

Rejoignez Swiss Wine Valais Community, le cercle d’amoureux des vins du Valais
https://www.lesvinsduvalais.ch/community/

Selon l’humeur, les vins de François Schmaltzried:

  • Quand je suis amoureux… Je ne bois pas chaque fois que je suis amoureux, parce que je suis toujours amoureux. Ça ferait trop!
  • Quand je suis nostalgique… Pas de vin, plutôt un gin tonic.
  • Quand je suis joyeux… Un Fendant, bien évidemment. Chamoson est le village du Johannisberg, mais c’est aussi une localité très festive, où on aime prendre l’apéro. Et le Fendant est le vin idéal pour ça.
  • Quand je suis assoiffé… Un Fendant encore, pour sa gouleyance et son côté minéral.
  • Quand vous êtes affamé… Un Pinot noir, racé et élégant, qui sait accompagner les plats sans les écraser.

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