Entre les ceps
 02.06.2019, 18:00

Andrea Bortolussi, le dompteur de vignes

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Andrea Bortolussi, maître tailleur, ici en train d'ébourgeonner une parcelle de pinot noir à Géronde.

Portrait Il a travaillé dans les plus prestigieux domaines viticoles du monde et a finalement choisi de poser ses bagages en Valais. Le Frioulien Andrea Bortolussi, 29 ans, passé maître dans l’art de tailler et d’ébourgeonner la vigne, fait profiter de son savoir les Domaines Rouvinez.

Il a traîné son sécateur de Bordeaux à Sierre, est passé par le Château Latour (premier grand cru classé de Bordeaux selon la classification officielle de 1855), le Château Pichon Longeville Comtesse de Lalande, Château d’Yquem, Château d’Ausone, a taillé les vignobles de Moët et Chandon, a façonné ceux de Louis Roederer, s’est offert une petite escapade provençale au domaine OTT, a œuvré aux côtés de Michel Rolland au Clos de Los Siete en Argentine et travaille depuis un an en Valais. Le CV d’Andrea Bortolussi est long comme une nuit sans vin…

Le choix du Valais

A peine son diplôme d’œnologue en poche, Andrea Bortolussi quitte l’Italie. «La planète vins est vaste, je voulais découvrir d’autres régions vitivinicoles avant de m’installer. J’ai d’abord pensé travailler en œnologie mais la vigne m’a très vite appelé. J’avais bossé avec l’équipe de Simonit & Sirch en tant que maître tailleur, ce qui m’a ouvert les portes des domaines très prestigieux avec lesquels j’ai collaboré.»

Ses périples s’étalent sur sept ans seulement. « Ça vous semble court, mais c’était intense. Je restais en Europe de novembre à mars, ensuite j’enseignais quelques mois avant de repartir de juin à fin août en Argentine ou au Chili.» Au total, 300 jours de taille, une vie partagée entre deux hémisphères, des mentalités différentes et plusieurs langues. «C’était passionnant, j’ai eu l’honneur de côtoyer notamment Denis Dubourdieu ou Michel Rolland, mais pas toujours facile.» 

Parfois quand il arrivait dans ces grands châteaux, on lui disait: «c’est qui ce petit Italien qui croit venir nous apprendre la taille?» Des anecdotes amusantes mais aussi de quoi acquérir une solide expérience et l’envie, à 29 ans, de poser ses valises.
 

Le Valais, c’est une région comme Bordeaux, où on vit et on respire le vin.

 


Andrea est arrivé comme consultant chez les Rouvinez. Deux fois par année durant trois ans, il œuvre pour la taille et pour l’ébourgeonnement, avant qu’on ne lui propose un poste fixe. Séduit par le Valais, «parce que c’est une région, comme à Bordeaux, où on vit et on respire le vin», il accepte. Il signe d’autant plus facilement que les Rouvinez partagent totalement sa philosophie. «La première tâche pour avoir un bon millésime, c’est la taille. Il faut redonner au métier de tailleur la place qu’il mérite.»

Au moment de la taille ou comme ici de l’ébourgeonnage, Andrea Bortolussi dirige une équipe de 70 personnes. @ D. Rouvinez


Lire la vigne pour mieux la sculpter

«D’abord, on respecte la plante, sinon, à 20 ans, la vigne est déjà vieille alors qu’elle devrait vivre soixante ans au moins. Notre nouvelle méthode de taille vise à garder le bois vivant. Il faut assurer le flux de la sève, veiller à garder deux conduits sans blessures. Ensuite, on donne la forme, on ramifie, on construit deux bras. On lit la vigne. On étudie la plante cep par cep pour arriver à ce qu’on veut qu’elle soit dans cinq ans.» Ce type de taille, Andrea assure qu’elle s’adapte autant sur le Guyot, le cordon de Royat ou le gobelet.

Parcelle en Guyot après ébourgeonnage. @ D. Rouvinez

La taille passée, vient l’ébourgeonnement. «Avec la taille, on choisit la branche à fruits pour le millésime. Quand on ébourgeonne, on règle la vigueur de la plante. Les deux actions sont très liées. Ce qu’on n’a pas vu à la première opération, on va essayer de le rattraper lors de la deuxième intervention. Il faut aussi penser à la forme de la plante dans vingt ou trente ans.» A la fois producteur et architecte, le tailleur doit jongler entre les impératifs de récolte actuels et futurs.

Justement, en parlant d’avenir, il se voit où, Andrea, dans dix ans? «Je m’imagine bien rester en Valais. J’aime la qualité de vie, la qualité de travail. Et puis, je crois au potentiel pour le Valais, de faire découvrir à l’étranger ses cépages autochtones.»
 

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Selon l’humeur, les vins d’Andrea Bortolussi

  • Quand je suis amoureux… Du champagne ! Legras & Haas de préférence.
  • Quand je suis nostalgique… Un Malbec de Mendoza
  • Quand je suis joyeux… Une Petite Arvine, mon cépage blanc valaisan préféré
  • Quand je suis assoiffé… Un rosé du Domaine OTT
  • Quand vous êtes affamé… Un bon Cornalin du Valais

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