Elections fédérales 2019 vues du Valais
 19.09.2019, 19:00

Sondage fédéral: la poussée verte devrait toucher le Valais cet automne

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Qui gagnera Berne cet automne? Notre sondage donne plusieurs indices.

Sondage Réalisé pour le compte du «Nouvelliste», du «Walliser Bote» et de Radio Rottu, un sondage en ligne de l'institut Sotomo prédit un siège aux Verts qui progressent de 3,9% et un de moins au PDC qui perdrait 3,7% de parts de marché. Dans la course aux Etats, Marianne Maret est beaucoup plus proche de ses concurrents que de son colistier.

C’est la question de cette campagne. La progression verte attendue dans tout le pays se déroulera-t-elle aussi le Valais, terre bien connue pour son microclimat politique? Selon le sondage en ligne réalisé par l’institut Sotomo pour le compte du «Nouvelliste», du «Walliser Bote» et de Radio Rottu, la réponse est oui.

Une progression verte de 3,9%

En effet, alors qu’ils sont crédités d’une marge de progression de 3,4% sur le plan suisse, les Verts gagneraient 3,9 points dans notre canton passant ainsi de 4,7% en 2015 à 8,8% cet automne. Un bond qui pourrait suffire à offrir son premier siège au Conseil national au parti puisque son allié dans cette course, le Parti socialiste, se maintient, lui, à 12,8% d’intentions de vote, soit juste 0,5% en moins qu’il y a quatre ans mais 0,5% qui devrait être compensé par l’apport du Centre Gauche-PCS.

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L’UDC tient le cap en taquinant les 22% (-0,4% par rapport à 2015) et le PLR se stabilise. Il perd certes  1,1% avec 17% de promesses de vote, mais le score des Vert’libéraux avec qui il est apparenté devrait rééquilibrer la balance.

Le grand parti à 36,1% selon le sondage

C’est le PDC qui amorce la plus grande dégringolade, selon les projections et le sondage qui a pourtant eu lieu avant la très critiquée campagne de dénigrement des candidats des autres partis par le PDC Suisse.

En Valais, le premier parti du canton perdrait 3,7% et se retrouverait ainsi avec un poids électoral de 36,1%. Un score qui ne devrait a priori pas lui permettre de conserver ses quatre sièges au Conseil national.

 

«Que le PDC qui est surreprésenté en Valais par rapport à la moyenne suisse perde des points ne me surprend pas. Même s’il ne baisse que de 1,1 sur le plan suisse. Mais c’est forcément là où il est déjà très fort qu’il perd le plus. Ce qui m’étonne par contre, c’est la poussée des Verts valaisans. Le Valais a longtemps été le canton le plus anti-écologiste à cause de l’aménagement du territoire et du loup. Il semble que désormais les mentalités ont évolué et je pense qu’on a déjà pu déceler ce virage lors du vote négatif sur les Jeux olympiques», analyse Michael Hermann, patron de Sotomo, l’institut de sondage qui réalisé l’étude.

Un changement en Valais?

Pas question pour autant de dire que les électeurs qui ont délaissé le PDC se sont rangés du côté des Verts. «Ce sont surtout les jeunes, qui n’avaient pas encore le droit de vote en 2015, qui se sont mobilisés ces derniers temps et certainement des personnes abstentionnistes», estime le politologue. Et de compléter: «Tous les quatre ans c’est 6% de l’électorat qui meurt et tout autant de nouveaux votants qui arrivent. En Valais on peut aussi estimer que la population qui vient de s’installer dans votre canton joue un rôle dans ces changements d’équilibre», ajoute encore le chercheur.

La poussée verte est confortée par l’analyse des préoccupations principales des Valaisans. 53% des sondés se disent d’abord soucieux du montant de leurs primes maladie (seulement 42% sur le niveau suisse) et deuxièmement par le changement climatique (37% contre 38% sur le plan national).

 

 

Autre indice donné par ce sondage: la course au Conseil des Etats sera serrée, très serrée. Sauf, semble-t-il, pour le noir Beat Rieder qui est crédité de 43% d’intentions de vote.

 

 

Si c’est la famille C qui le plébiscite à hauteur de 83%, 30% de l’électorat UDC est derrière lui, 23% du PLR, 14% du PS et 7% des Verts. «Il y a un fort soutien UDC et cela vient du fait que les Haut-Valaisans votent d’abord pour les leurs avant de voter pour un parti. Ils sont conscients que Michael Kreuzer n’a aucune chance, ni Brigitte Wolf alors ils font le choix utile», commente Michael Hermann.

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Conseil des Etats: plus proche de ses concurrents que de son colistier

La PDC Marianne Maret se trouve bien derrière, à 31%, talonnée de très près par le socialiste Mathias Reynard (30%) et le PLR Philippe Nantermod à 27%. L’UDC Cyrille Fauchère décroche à 18% en n’obtenant les faveurs d’aucun autre parti (seuls 9% des électeurs PLR pourraient lui donner leur voix). «Si les trois candidats demeurent dans un mouchoir de poche et repartent tous dans un deuxième tour, la course sera vraiment ouverte», prédit le patron de Sotomo. 
 

La fiche technique du sondage:

Réalisée par l’institut Sotomo pour «Le Nouvelliste», le «Walliser Bote» et Radio Rottu, la collecte des données a eu lieu entre le 4 et le 16 septembre 2019 est s’est déroulée en ligne. Le recrutement des personnes interrogées a eu lieu par le biais des portails web des trois médias. Il s’est fait sur une base de volontaires. Après contrôle des données, les réponses de 2444 électeurs ont pu être exploitées pour l’évaluation. L’absence pendant quelques heures des formations Avenir Ecologie et RCV dans le sondage a été corrigé et pondéré par Sotomo.  La marge d’erreur et de + ou -2%. Concernant les Verts libéraux, le RCV et le Centre Gauche PCS, Sotomo ne livre pas des résultats spécifiques pour des pourcentages qui se situent dans la marge d’erreur. L’institut de sondage a aussi réalisé cette même démarche dans sept autres cantons pour ces élections fédérales 2019. 
 

La réaction des partis

Philippe Cina, coordinateur de la campagne des Verts

«Je suis heureux mais mesuré à la vue de ce sondage. Je le prends comme un encouragement mais nous sommes encore loin du but. Il faut continuer à lutter car si l’on prend la marge d’erreur de plus ou moins 2%, on peut, pour faire court, être à 6% et non pas à 8. C’est vrai que nous sommes dans un trend national, mais cela fait plusieurs années que les Verts progressent, depuis les dernières cantonales et la constituante. Je sens d’ailleurs un vent d’optimisme qui traverse nos rangs. Mais pour l’instant nous n’avons pas de siège. Il faut nous motiver et ne pas nous reposer sur nos lauriers.»

 

René Constantin, président du PLR

«Ces élections vont être palpitantes car tout reste ouvert pour nous. Malgré la marge d’erreur, le PDC est dans le camp des perdants et les Verts dans celui des gagnants. Un siège risque de basculer entre ces deux partis. Et peut-être un deuxième en notre faveur. Avec l’apport des Vert’libéraux, persiste un écart de 2,5% entre nous et l’UDC. Je pense que nous pouvons encore progresser avec nos apparentements, par contre je ne crois pas que l’UDC développera encore plus de potentiel. Ça risque de se jouer à une centaine de listes. Côté Etats: Marianne Maret est décrochée de son colistier. Si Nantermod et Reynard se lancent au deuxième tour, c’est Philippe Nantermod qui pourra encore gagner des voix à droite alors que Mathias Reynard aura déjà fait le plein à gauche.»

 

Stéphane Pillet, coordinateur de la campagne du PDC

«D’emblée, ce que je relève, c’est la marge d’erreur. Avec une perte de 3,7% et une marge à 2% conjuguée au fait que le PDC n’a pas un électorat très enclin à remplir ce genre de sondage, je résumerai en disant qu’on est proche du statu quo. Forcément lorsqu’on est les plus forts, on est ceux qui perdent le plus aussi, d’ailleurs tous les autres, hormis les Verts, perdent de manière équitable par rapport à leur force. Je suis assez serein même si ce résultat équivaudrait à la perte d’un siège. Pour les Etats, Mathias Reynard qui talonne Marianne Maret en est à sa troisième campagne nationale alors qu’elle étrenne la première. Et on a encore peu entendu les candidats dans cette campagne. Les débats feront la différence.»


Kevin Pellouchoud, coordinateur de la campagne de l’UDC

«On ne poussera un ouf de soulagement que le 20 octobre, mais je suis satisfait parce qu’on se maintient et ce malgré les thématiques imposées par les autres dans cette campagne. Cela démontre la fidélité de notre électorat. Je me réjouis aussi de voir que nous demeurons la deuxième force politique du canton et que même avec la progression annoncée des Verts, le bloc de gauche ne nous passe pas devant. Je me réjouis enfin de voir que le PLR ne progresse pas. Les électeurs ne sont pas dupes et se sont rendu compte de l’entourloupe du parti au sujet de la thématique climatique. Concernant les Etats, je ne peux que déclarer que tout se jouera dans les débats à venir, car cette campagne-là n’a pas vraiment commencé encore.»

 

Barbara Lanthemann, présidente du PSVr

«Je suis assez ravie par cette photographie du moment. Ravie parce que les Verts gagnent et que cela ne se fait pas à notre détriment comme cela a pu être le cas dans d’autres cantons suisses. Cela signifie que le PS est identifié comme un parti qui est crédible en matière d’environnement. Et sur le dossier des caisses maladie qui apparaissent en première place des préoccupations des Valaisans. C’est le PS qui a la main sur cette question et pas le PDC qui a aussi une initiative en cours mais qui perd pourtant. Je suis aussi ravie des projections sur les Etats. Mathias Reynard tire au-delà de son parti, comme il est capable d’en sortir pour aller chercher des compromis. Bien sûr, on le sait, ces résultats vont pousser le PDC à se réveiller et à mobiliser.»

 

Jean-Marie Bornet, co-président du RCV

«Avoir été oublié dans ce sondage puis rajouté le lendemain nous force à avoir un regard mitigé. Mais peu importe, les calculs ne nous intéressent pas. Seul l’intérêt du Valais et de la Suisse compte. Seul le verdict des urnes compte. Le RCV s’engage sans fil à la patte et sans lobbies, libre et indépendant, dans l'intérêt public. Nous sommes par contre satisfaits de constater que les premières préoccupations des Valaisannes et Valaisans correspondent aux principaux thèmes défendus dans les 157 idées du RCV. Au peuple souverain de faire un choix entre une approche politique clivante ou une politique rassembleuse, moderne, ouverte, systémique et globale comme proposé par le RCV.»


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