France: l'abstention au premier tour des législatives dépasse les 50%

Plus de 51% d'abstention au premier tour des législatives françaises: c'est un record peu glorieux dans l'histoire de la Ve République. Le gouvernement Macron reconnaît un échec démocratique, mais dissipe les craintes de voir un pouvoir absolu s'exercer en France.
12 juin 2017, 10:06
/ Màj. le 12 juin 2017 à 14:45
Le porte-parole Christophe Castaner s'inquiète du taux d'abstention de ce premier tour.

L'abstention massive (51,29%), qui a marqué le premier tour des législatives françaises, est "un échec de cette élection", a estimé lundi Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Il s'agit du plus haut taux d'abstention pour un premier tour de législatives depuis le début de la Ve République.

"C'est un échec qui se répète hélas (...) Je crois qu'effectivement il faut l'entendre, il faut redonner confiance", a déclaré M. Castaner sur France 2. "C'est notre responsabilité gouvernementale, celle du président, celle du premier ministre, de redonner confiance dans l'élection."

 

"Avant même l'abstention, il y a (...) le fait que celles et ceux qui ont élu Emmanuel Macron ne l'avaient pas choisi au premier tour (...) et donc c'est à eux qu'il faut s'adresser, ces femmes et ces hommes qui ont exprimé un vote de colère et qui doivent retrouver confiance", a encore affirmé le porte-parole. Il a plaidé pour "un gouvernement de réponses du quotidien". "Il faut des réponses concrètes, qui parlent aux gens, qui touchent le quotidien des gens".

Interrogé sur la question des "pleins pouvoirs", alors qu'Emmanuel Macron est en position de force pour s'assurer une majorité pléthorique à l'Assemblée nationale, M. Castaner a fait valoir que "d'abord il y a deux chambres". "Le Sénat n'a pas basculé politiquement et je ne crois pas qu'en septembre il bascule, et donc du coup il y a un équilibre du pouvoir. Et puis il y a les institutions, il y a la presse, on est évidemment aujourd'hui dans une démocratie".

Président "satisfait"

M. Castaner a par ailleurs jugé que le Parti socialiste (PS) "paie ses incohérences, il paie ses frondeurs, il paie ses divisions, il paie le fait qu'une majorité relative pour François Hollande l'a empêché d'agir, relative parce qu'elle avait en son sein des frondeurs qui l'ont empêché, qui l'ont immobilisé".

A la question de savoir comment le chef de l'Etat avait réagi aux résultats, M. Castaner a souligné que "ce n'est pas un expressif". "Il était satisfait du résultat", a-t-il dit, ajoutant "le président était au travail pour préparer la suite".