Nucléaire iranien: l’UE créera une entité pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran

Suite aux sanctions de Donald Trump contre le nucléaire iranien, l’Europe créera une entité pour continuer de faire affaire avec Téhéran. De nombreux groupes européens avaient jusqu’alors cessé toute activité avec l’Iran par crainte des représailles américaines.
25 sept. 2018, 07:43
/ Màj. le 25 sept. 2018 à 07:43
La cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini entend rassurer les acteurs économiques qui ont un commerce légitime avec l'Iran.

Les Européens vont créer une entité spécifique pour pouvoir continuer à commercer avec l’Iran, a annoncé lundi soir à l’ONU la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini. L’entité permettra de contourner les sanctions américaines.

En mai dernier, le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Dans la foulée, Washington a rétabli une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran.

Federica Mogherini a fait savoir que les signataires encore membres de l’accord, réunis en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, ont débuté des travaux afin que cette entité puisse devenir opérationnelle. «Cela permettra aux compagnies européennes de continuer à commercer avec l’Iran conformément au droit européen et pourrait être ouvert à d’autres partenaires dans le monde», a-t-elle ajouté dans une déclaration lue conjointement avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

 

 

Sous la menace de Washington, nombre de grands groupes très engagés aux Etats-Unis avaient en effet cessé toute activité avec l’Iran par crainte de représailles américaines. Selon des sources européennes, ce «véhicule dédié» (Special purpose vehicle – SPV) pourrait agir comme une bourse d’échanges ou un système de troc sophistiqué permettant aux entreprises concernées d’échapper aux sanctions américaines.

«Rassurer les acteurs»

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions américaines frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

 

 

Les nouveaux canaux de paiement doivent «rassurer les acteurs économiques qui ont un commerce légitime avec l’Iran», a souligné devant la presse Federica Mogherini. Il s’agit de préserver les bénéfices économiques attendus par l’Iran en échange de son maintien dans l’accord et de son renoncement à un programme nucléaire militaire, a-t-elle expliqué en substance.