Coronavirus
 19.07.2020, 21:31

Union européenne: réunis depuis 3 jours, les 27 n’ont toujours pas trouvé un accord post-coronavirus

chargement
Le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, a multiplié toute la journée les rencontres en tête-à-tête ou en petits groupes, le plus souvent sur le balcon de son bureau.

Négociation Les rencontres se sont multipliées entre dirigeants européens dimanche à Bruxelles, dans l’espoir d’éviter un échec sur la négociation du plan de relance post-coronavirus. Le sommet met à jour d’importantes divisions entre Etats.

Au troisième jour d’un sommet prévu pour en durer deux, après plus de 55 heures de réunions, les discussions à 27, plusieurs fois repoussées, ont repris autour d’un souper vers 19 h 20.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, a multiplié toute la journée les rencontres en tête-à-tête ou en petits groupes, le plus souvent sur le balcon de son bureau où une longue table a été installée et dont les photos ont rythmé les réseaux sociaux.

L’heure d’un accord est venue
Sophie Wilmès, Première ministre belge

En fin d’après-midi, la Première ministre belge Sophie Wilmès, reçue à la table de M. Michel avec ses homologues luxembourgeois et irlandais, affirmait sa détermination: «l’heure d’un accord est venue».

L’issue du sommet, le plus long des dirigeants de l’UE depuis celui de Nice en 2000 sur une révision des traités dans le cadre de l’élargissement à l’Est (quatre jours et quatre nuits), restait très incertaine. Les choses «bougent doucement», a avancé une source européenne.

Positions «diamétralement opposées»

Le Luxembourgeois Xavier Bettel, habitué des sommets depuis sept ans, a avoué avoir «rarement vu des positions aussi diamétralement opposées, sur beaucoup de points». Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d’emprunt de 750 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne, qui affronte une récession historique, adossé au budget à long terme de l’UE (2021-2027) de 1.074 milliards d’euros.

Les dernières discussions ont surtout porté sur la portion du fond de relance qui sera consacrée aux subventions, par rapport à ce qui serait reversé aux Etats sous forme de prêts (et donc remboursables). Les pays dits «frugaux» (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark, auxquels on associe la Finlande) privilégient les prêts et prônent une diminution du volume global du plan.

Autres points de friction

L’unanimité nécessaire des 27 Etats membres rend un accord particulièrement difficile. D’autant qu’il ne s’agit pas du seul point de friction.

Parmi ceux-ci, le lien entre le versement des aides et le respect de l’Etat de droit, qui hérisse particulièrement Budapest et Varsovie, actuellement dans le collimateur de l’UE. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est vivement opposé à ce type de mesure dimanche matin lors d’un point presse. Il a accusé son homologue néerlandais de vouloir le «punir financièrement», et de le «détester» lui et la Hongrie.

Ce type de mesure pourrait pénaliser le gouvernement nationaliste et de plus en plus autoritaire d’Orban si ses homologues jugent que son attaque présumée contre les médias libres et les normes démocratiques est en rupture avec les valeurs européennes.

Equilibre subventions/prêts

Concernant les subventions, France et Allemagne souhaitent qu’une partie substantielle du budget de relance y soit consacrée, dans l’esprit du fonds de 500 milliards qu’ils avaient proposé mi-mai. Et ils soutiennent que la somme prévue pour un soutien direct aux plans de réforme nationaux soit de 325 milliards d’euros, comme dans la dernière proposition, selon des sources européennes. Les frugaux ont quant à eux proposé un équilibre parfait entre les deux, selon ces sources.

La chancelière allemande Angela Merkel avait ouvert la journée en prévenant qu’il était «possible qu’aucun résultat ne soit obtenu», tandis que le président français Emmanuel Macron avait averti que les «compromis» ne pouvaient pas se faire «au prix de l’ambition européenne». Mme Merkel et M. Macron pesaient de tout leur poids pour convaincre les «frugaux».

Un deuxième jour de discussion sous haute tension

Le deuxième jour de discussion, sous haute tension, s’était achevé dans la nuit de samedi à dimanche sur une réunion «très dure», selon plusieurs sources, entre le président français, la chancelière allemande et les dirigeants des quatre «frugaux» et de la Finlande.

Pour tenter d’amadouer le Néerlandais Mark Rutte, particulièrement réservé sur le paquet de relance et qui réclame l’unanimité pour la validation des plans de réforme nationaux réclamés en contrepartie des aides européennes, Charles Michel a proposé un mécanisme permettant à un pays qui aurait des réserves d’ouvrir un débat à 27. Une telle configuration équivaudrait de facto à un droit de veto pour chaque capitale.

ATS

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

CoronavirusDidier Reynders: «l’Union européenne s’est toujours construite dans les crises»Didier Reynders: «l’Union européenne s’est toujours construite dans les crises»

Une Europe de la santé

Il faut accorder un rôle plus important à l’Union européenne dans le domaine de la santé, estime le commissaire...

  25.06.2020 07:32
Premium
  Coronavirus

criseCoronavirus: 750 mia d’euros pour relancer l’économie de l’Union européenneCoronavirus: 750 mia d’euros pour relancer l’économie de l’Union européenne

ÉPIDÉMIEL’Union européenne  se claquemureL’Union européenne  se claquemure

OppositionsUnion européenne: pas d’accord sur le budget à cause de divergences entre les EtatsUnion européenne: pas d’accord sur le budget à cause de divergences entre les Etats

ChroniqueUnion européenne: des accords et du chantage. Par Jean-Dominique CipollaUnion européenne: des accords et du chantage. Par Jean-Dominique Cipolla

Top