Coronavirus
 07.09.2020, 20:43

Pas de prime pour les «héros» valaisans du coronavirus

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L’Alliance de gauche voulait notamment accorder une prime financière symbolique aux soignants au front pendant le coronavirus.

Grand Conseil Le Parlement valaisan a refusé un postulat de l’Alliance de gauche, demandant une prime pour les employés des professions systémiques qui n’ont pas compté leurs heures pendant la crise.

Le Grand Conseil valaisan s’est emparé, pour la deuxième fois, de la question du Coronavirus. Lundi, les députés se sont penchés sur vingt-six interventions parlementaires. Pour en accepter seulement six. Il faut dire que bon nombre de ces propositions déposées en juin n’étaient plus d’actualité. Soit parce que le Conseil d’Etat les avait déjà mises en œuvre, soit en raison de l’évolution épidémiologique.

A lire aussi : Coronavirus: le Grand Conseil valaisan ne révolutionne rien (18 juin 2020)

Parmi les rares textes acceptés, les plus marquants sont ceux qui demandent d’étudier des aides financières pour les agences de voyages et les crèches. Ou, dans une perspective de relance économique, de limiter la bureaucratie pour accélérer les autorisations de construire. Toutes ces mesures ont été préavisées favorablement par l’exécutif. Seule la dernière a suscité un débat, avec le refus de la gauche.

 

Il faut une reconnaissance financière symbolique; on ne peut pas se contenter des applaudissements aux fenêtres.
Gilbert Truffer, député Alliance de gauche

Clivage gauche-droite

Un clivage gauche-droite a aussi entouré le postulat de l’Alliance de gauche, demandant au Conseil d’Etat d’étudier le versement d’une prime Covid «aux employés qui ont occupé un poste à l’importance systémique pendant la crise», soit «le personnel soignant, les nettoyeurs, les employés des crèches, du commerce de détail et des transports publics».

«Alors qu’on ne savait pas à quel point le virus était agressif, ces personnes ont bravé les risques et multiplié les heures supp’ pour que la société puisse continuer à fonctionner», a plaidé le socialiste Gilbert Truffer. «Elles méritent une reconnaissance financière symbolique; on ne peut pas se contenter des applaudissements aux fenêtres, d’autant que le Ministre des finances certifie que celles-ci sont bonnes.»

 

Ça ne fait aucun sens de récompenser des personnes qui ont avant tout fait le travail qui est attendu d’elles.
Cyrille Fauchère, député UDC

«Tous les métiers utiles»

S’ils reconnaissent l’engagement de ces catégories de métier, les élus de droite qui ont pris la parole ont opposé des contre-arguments à la prime Covid. «Est-ce à l’Etat de récompenser les employés du commerce de détail, qui a engendré des chiffres d’affaires records, en concurrence de la vente directe des agriculteurs et viticulteurs indépendants?», a questionné Cyrille Fauchère. Le député UDC a poursuivi en insistant sur le fait que chacun a joué un rôle dans la crise. «Le Parlement souhaite-t-il donner une prime à chaque citoyen? Car ça ne fait aucun sens de récompenser des personnes qui ont avant tout fait le travail qui est attendu d’elles.»

Jérôme Guérin, du PLR, a abondé. «Dire quels métiers ou non sont utiles en temps de pandémie susciterait un grand débat; tout le monde peut s’estimer important.»

Fronts inverses à Fribourg

Au moment du vote, seule la gauche a donc soutenu la prime. A Fribourg, c’était le contraire. Le PDC, l’UDC et une minorité du PLR ont défendu des bons de 1000 francs à faire valoir dans les commerces locaux pour le personnel médical et de la sécurité. Tandis que la gauche s’est abstenue, en dénonçant une mesure «paternaliste et populiste», contrairement à une revalorisation des salaires.

En Valais aussi, cette revalorisation a été évoquée. Mais le président du gouvernement Christophe Darbellay a coupé court. «Le Conseil d’Etat estime que cette époque particulière ne doit pas être un prétexte. Tout une série de projets, dont la finalité est l’attrait des métiers de la santé, sont déjà en cours.» Pour les autres professions, «l’Etat ne peut pas s’immiscer dans des relations de travail privées. C’est aux représentants du personnel de négocier avec ceux du patronat.»

Le Parlement débattra encore jeudi du coronavirus. Il se prononcera notamment sur une urgence de l’UDC. Intitulée «Stop à la panique et à la dictature sanitaire!», le texte propose de conditionner les futures mesures coercitives à des critères comme le nombre d’hospitalisations et de décès, plutôt que le nombre de cas.


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