Coronavirus
 08.04.2020, 05:30

Décès liés au coronavirus: le home de Vétroz est le plus touché

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L'aile nord du foyer Haut de Cry serait particulièrement touchée par le nouveau coronavirus.

Pandémie A Vétroz, le Foyer Haut-de-Cry est particulièrement touché par l’épidémie de Covid-19. La direction confirme onze décès des suites du nouveau coronavirus. Mais elle assure avoir pris des mesures pour enrayer la propagation du virus.

En Valais, selon les chiffres de ce lundi, 24 décès sur les 53 liés au Coronavirus provenaient des EMS et le plus touché, pour l’instant, est le Foyer Haut-de-Cry à Vétroz qui compte 109 lits. En effet, le directeur Michel Lamon confirme officiellement le décès à l’EMS de onze personnes testées positives au Covid-19. De plus, deux pensionnaires du home transférés à l’hôpital du Valais y sont morts du coronavirus. Enfin, le mari d’une femme décédée du Covid-19 et qui vivait dans la même chambre qu’elle est lui aussi mort, mais n’a pas été testé, selon sa famille. Elle pense qu’il était aussi atteint du Covid-19. Le home a notamment subi un pic le dimanche 29 mars, avec cinq décès dont trois dus au coronavirus.

Nous avons beaucoup dépisté de pensionnaires dans notre EMS et en avons peu hospitalisé car nous avons assumé les soins palliatifs en respect des protocoles.
Michel Lamon, directeur du Foyer Haut de Cry

Pour Michel Lamon, ce chiffre élevé est lié au Covid-19  et peut s’expliquer par un nombre important de dépistages réalisés dans son établissement. «Nous avons beaucoup dépisté de pensionnaires dans notre EMS et en avons peu hospitalisés car nous avons assumé les soins palliatifs en respect des protocoles. Le peu d’hospitalisations a permis d’éviter aux résidents d’être transportés à l’hôpital et de pouvoir décéder dans leur lieu de vie.»

Un foyer sur Vétroz avant la fermeture?

En Valais, tous les homes ont fermé leurs portes aux visiteurs entre le 11 et le 12 mars, selon une recommandation de l’association des EMS valaisans (AVALEMS), soit plusieurs jours avant la décision suisse. Si certains établissements ont pris des mesures restrictives encore plus tôt, celui de Vétroz a été l’un des premiers à fermer le jeudi 12 au matin. «J’étais justement à Vétroz le jour de la fermeture et j’ai constaté que toutes les précautions étaient prises», explique Arnaud Schaller, directeur de l’AVALEMS.

J’étais justement à Vétroz le jour de la fermeture et j’ai constaté que toutes les précautions étaient prises.
Arnaud Schaller, directeur de l’AVALEMS

Mais peut-être que cette anticipation sur les directives de l’OFSP n’a pas suffi. «Il y avait dans la région un foyer relativement important au sein de la population. Comme la période d’incubation varie entre cinq et quatorze jours, l’EMS de Vétroz a peut-être subi des transmissions avant la fermeture», estime Arnaud Schaller.

Lorsque l’épidémie a commencé, nous avons fait les meilleurs choix possible avec les informations à disposition, à ce moment-là. Mais l’expérience nous montre que le virus était déjà présent en Valais.
Michel Lamon, directeur du Foyer Haut-de-Cry

Selon cette interprétation, le virus était peut-être présent avant le 12 mars. Une source au sein du personnel partage ce point de vue: «L’aile sud du bâtiment où se trouvent les cas psychologiques a été épargnée. Il y a moins de visites et moins d’animations, tandis que l’aile nord était très vivante avant la fermeture.» Le directeur Michel Lamon émet une hypothèse similaire. «Lorsque l’épidémie a commencé, nous avons fait les meilleurs choix possibles avec les informations à disposition, à ce moment-là. Mais l’expérience nous montre que le virus était déjà présent en Valais, avant les mesures de confinement.»

Personnel touché de manière importante

Ce contexte concerne donc aussi le personnel du home qui est passablement touché par le virus. Dans un communiqué du jeudi 2 avril, la direction du foyer écrivait: «Les absences au sein du personnel sont importantes.» Selon deux sources, entre 20% et 30% de celui-ci auraient été concernés, mais cette proportion n’est pas confirmée par la direction. Reste que le home du Haut-de-Cry est le seul du canton à avoir dû faire appel au service d’urgence du canton pour obtenir des collaborateurs de remplacement. La protection civile y a aussi augmenté ses effectifs.

Face à cette pénurie, le home, selon un mail en notre possession, a demandé aux personnes présentant des symptômes légers de travailler, mais tout s’est fait dans les règles selon Michel Lamon, qui a lui-même été atteint par le Covid-19 et a dirigé le home depuis sa chambre pendant huit jours: «Seul notre médecin peut décider si un employé doit revenir travailler, uniquement après une période de confinement et avec les protections adéquates.»

Confinement sectoriel unique en Valais

Aujourd’hui, la direction du foyer Haut de Cry se veut rassurante. Dès le jour de la fermeture, elle a commencé à confiner une partie de ses résidents dans leur chambre. Dans les secteurs touchés, même les pensionnaires sans symptômes restent dans leur chambre. Cette mesure est unique dans le canton. «Nous sommes conscients que c’est très difficile pour les familles à l’extérieur d’être ainsi coupées de leurs proches. Mais elles doivent comprendre que cette situation exceptionnelle est aussi très compliquée pour le personnel qui fait le maximum pour garder les pensionnaires en bonne santé», explique Michel Lamon.

Admissions suspendues depuis le 20 mars

De plus, une cellule de crise a été créée, composée de plusieurs spécialistes coordonnés par le médecin répondant du home. Et le Foyer Haut-de-Cry est soutenu par le canton dans ses démarches. «Les infirmières d’hygiène de l’Institut central des hôpitaux ont effectué sur place une analyse de la situation ainsi que de l’organisation spatiale et ont apporté un soutien à l’EMS, notamment pour le confinement des résidents», nous a écrit le Service de la santé publique. Il a d’ailleurs suspendu les admissions au sein de cet établissement depuis le 20 mars 2020.

Notre priorité concerne ces familles. Et nous avons fait un communiqué de presse jeudi dernier pour expliquer la situation générale du home à l’ensemble de la population.
Christophe Germanier, président du conseil de fondation du Foyer Haut-de-Cry

Aujourd’hui, la direction ne désire pas communiquer publiquement sur le nombre de cas Covid-19 encore présents au home Haut-de-Cry, mais selon le président du conseil de fondation Christophe Germanier, également président de Conthey, toutes les familles sont informées de la situation de leurs proches. «Notre priorité concerne ces familles. Et nous avons fait un communiqué de presse jeudi dernier pour expliquer la situation générale du home à l’ensemble de la population.»

 

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Trois questions à Arnaud Schaller, directeur de l’association des EMS valaisans

 

Il y a des EMS peu touchés par la pandémie et d’autres beaucoup plus, comme celui de Vétroz. Comment expliquer cette disparité?

Il peut y avoir des disparités d’un EMS à l’autre effectivement. Il s’agit probablement du reflet de ce qui se passe au sein de la population d’une part. D’autre part, les politiques de dépistage sont encore différentes d’un EMS à l’autre car elles dépendent des médecins. Plus vous testez, plus le nombre de cas sera élevé. Pour le taux de létalité, il dépend fortement du niveau de santé de la personne avant l’arrivée du virus. Il est donc très dangereux de procéder à des comparaisons.

Pourquoi ne pas pratiquer un dépistage systématique sur tous les pensionnaires d’EMS?

Les capacités de test ne le permettent simplement pas aujourd’hui. Dans tous les cas, le test indique si la personne est infectée ou non. Aujourd’hui, il est surtout important que la population continue d’appliquer strictement les mesures décidées par la Confédération.


Auriez-vous dû fermer avant le 12 mars les EMS du canton?

Les EMS valaisans ont déjà fermé avant les directives fédérales, et ce par anticipation.
 


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