Coronavirus
 06.04.2020, 20:00

De la Lonza aux établissements de santé publics, le parcours du désinfectant

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Pompiers, membres de la protection civile et employés du Service de la mobilité collaborent pour préparer et livrer les commandes de lotions désinfectantes à destination des pharmacies, hôpitaux, EMS, CMS et de l'administration cantonale.

Hygiène Depuis la mi-mars, Lonza fabrique du désinfectant pour les mains. 12 000 litres par semaine sont vendus à l’Etat du Valais qui les redistribue aux hôpitaux, EMS et à l’administration et en revend aux pharmacies. D’autres cantons suisses passent leur commande en Valais.

Depuis la mi-mars, Lonza fabrique du désinfectant pour les mains. 12 000 litres par semaine sont vendus à l’Etat du Valais qui les redistribue aux hôpitaux, EMS, CMS, ainsi qu’à l’administration cantonale. Le canton en revend aussi à prix coûtant à Pharma Valais et aux pharmaciens cantonaux de Berne, de Zurich, du Tessin, des Grisons et de Bâle Campagne pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Au centre de la protection civile de Grône, des milliers de litres de désinfectant pour les mains transitent chaque semaine. «Nous en recevons entre 10 000 et 12 000 litres par semaine et les redistribuons à l’administration cantonale, aux hôpitaux, à la police, aux pompiers, aux EMS et aux CMS», détaille Guy Defayes en nous présentant les stocks. Responsable de l’inspectorat des produits chimiques à l’Etat du Valais, il s’est mué durant la crise en coordinateur pour la distribution des produits désinfectants en tant que membre de l’état-major de l’organe cantonal de conduite.

Une partie des stocks est vendue à Pharma Valais qui se charge de l’approvisionnement des 130 pharmacies du canton. Et depuis le premier avril, les cantons de Zurich, Berne, le Tessin et les Grisons passent également commande en Valais. 

Nous avons de la chance en Valais, car au vu des commandes en provenance des autres cantons, peu d’entreprises en Suisse étaient capables de garantir de telles quantités sur plusieurs mois au début de la pandémie.
Guy Defayes, membre de l’organe cantonal de conduite et coordinateur pour la distribution des produits désinfectants 

Du projet d’apprentis à la production de milliers de litres

La distribution de cette précieuse lotion qui permet de lutter contre la propagation du coronavirus est finement réglée. Et pour cause. Début mars, alors que la pandémie atteint le Valais, l’éthanol à la base des lotions hydroalcooliques, est en rupture de stock. «Face à la pénurie, des apprentis de Lonza ont commencé à fabriquer des petites quantités du produit dans le cadre d’un projet», relate Mathias Forny, responsable de la communication à la Lonza. «Puis compte tenu du manque de désinfectant en particulier dans les établissements publics, Lonza a accepté d’en produire pour le canton du Valais en suivant les réglementations du guide de production de l’OMS.»

Et Guy Defayes de commenter: «Nous avons de la chance en Valais, car au vu des commandes en provenance des autres cantons, peu d’entreprises en Suisse étaient capables de garantir de telles quantités sur plusieurs mois au début de la pandémie.»

Pas de business lucratif

Lonza vend son désinfectant à prix coûtant à l’Etat du Valais, soit un peu moins de 10 francs le litre, selon Guy Defayes. A Grône, les milliers de litres sont conditionnés par des membres de la protection civile. La livraison dans tout le canton est assurée par des employés du Service de la mobilité. «La lotion est distribuée gratuitement dans les institutions de santé publique. Quant à Pharma Valais, nous ne leur facturons pas toute cette logistique. Nous revendons le désinfectant au prix d’achat. L’Etat ne fait aucun bénéfice là-dessus», souligne Guy Defayes.

Pour éviter trop de concurrence autour de ce produit de première nécessité en temps de pandémie, Pharma Valais, l’association valaisanne de pharmacie, a rapidement établi une liste de prix de vente conseillés, soit 6 francs 30 les 100 ml, 17 francs 30 le litre.

Nous ne nous faisons aucune marge sur ces lotions désinfectantes. 
Alain Guntern, président de Pharma Valais et propriétaire d’une pharmacie à Brigue 

«Au début de la crise, nous recevions des offres d’entreprises cherchant à vendre des désinfectants ou des masques à des prix exorbitants. C’est incroyable comme certains cherchent à profiter de cette situation», déplore Alain Guntern, président de Pharma Valais. «Nous sommes donc très satisfaits de l’accord passé entre le canton et la Lonza.»

Concernant les quelques francs de différence entre le coût de production et le prix de vente en pharmacie, Alain Guntern le justifie par le travail du personnel. «Il faut remplir les flacons, les étiqueter et les vendre aux clients. Je vous assure que nous ne faisons aucune marge sur ce produit.»

Si l’approvisionnement du désinfectant est aujourd’hui garanti pour les semaines à venir, les contenants manquent. Il est donc conseillé de conserver les flacons et d’opter pour le remplissage à la bouteille. 
 

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