Coronavirus
 29.04.2020, 05:30

Coronavirus: quelques visites mais pas encore de câlins, des grands-parents valaisans nous racontent leur semi-confinement

chargement
Lundi, le Dr Daniel Koch, délégué pour le Covid-19 de l’OFSP, a annoncé que grands-parents et enfants en bas-âge pouvaient à nouveau s'étreindre.

Intergénération Ils font face à l’absence de leurs petits-enfants depuis six semaines mais pourraient depuis hier les câliner. Comment les grands-parents valaisans vivent-ils ce temps de semi-confinement? Nous leur avons demandé.

Grands-parents et enfants en bas âge peuvent de nouveau s’étreindre. Lundi, à l’annonce du Dr Daniel Koch, délégué de l’OFSP pour le Covid-19, Micheline Cochard, une grand-maman de Saint-Léonard, s’est empressée d’appeler sa petite-fille Alicia en visioconférence. Comme les deux complices habitent loin l’une de l’autre, elles ont serré fort leur tablette dans les bras.

«Dire «Je t’aime» à distance, c’est le pire», confie tendrement Micheline, une grand-maman comme il y en a tant aux quatre coins du canton. Pour comprendre comment ces grands-parents valaisans vivent le semi-confinement, nous en avons appelé cinq d’entre eux. Tous parlent avec bonheur de leur descendance, et avec émotion de leur absence.   

Malgré l’autorisation, les câlins pour l’instant repoussés

Pour ces cinq familles, l’annonce du retour des câlins n’a pas changé grand-chose. D’autant que la situation est jugée floue par certains. «Nous attendons d’avoir davantage d’informations avant de changer notre comportement», explique Jean-Daniel Nanchen, un grand-papa de Chalais.

A lire aussi : Coronavirus: les grands-parents peuvent à nouveau étreindre leurs petits-enfants, selon Daniel Koch

Même son de cloche dans une famille du Bas-Valais où les grands-parents pensent garder leur distance jusqu’à la mi-mai au moins. «Après, on fera en fonction de comment on se sent», juge la grand-maman.

Il faut rester raisonnable et sensé.
Marimad Darbellay, une grand-maman de Martigny

Car les familles interrogées en appellent à la responsabilité individuelle, à la sagesse et la pondération. «Il faut être raisonnable et sensé; et faire avec les informations que l’on a», résume Marimad Darbellay, une grand-maman de Martigny qui regrette que le bon sens fasse parfois défaut, notamment dans les commentaires laissés sur les réseaux sociaux.

Des rencontres ponctuelles…

S’ils renoncent pour l’instant aux câlins, ces familles ont depuis six semaines réinventé leur quotidien.

Chez les Nanchen à Chalais, les gardes des sept petits-enfants se sont brutalement arrêtées le 13 mars dernier. «Depuis, la famille s’est revue de manière très ponctuelle et à distance», confie Jean-Daniel Nanchen, 63 ans. Son épouse en ayant 71, tous font preuve d’une grande prudence.

La famille s’est revue de manière très ponctuelle et à distance.
Jean-Daniel Nanchen, un grand-papa de Chalais

Dans la famille bas-valaisanne, le dodo tous les quinze jours du petit-fils de 12 ans a été échangé contre une balade hebdomadaire. «Notre petit-fils n’est plus venu à la maison», explique la grand-maman. «Nous balader en montagne nous permet de garder nos distances tout en restant ensemble.»

A Martigny, Marimad Darbellay et son mari ont reçu la visite exceptionnelle de deux de leurs sept petits-enfants il y a quelques jours, pour qu’ils profitent du trampoline installé dans le jardin. C’était la deuxième fois en un mois et demi que le couple voyait ces petits-enfants qu’il garde normalement un jour par semaine.

A lire aussi : Coronavirus: le retour des câlins, une bonne nouvelle mais la prudence reste de mise

Micheline Cochard, elle, a revu une seule fois sa petite Alicia. «J’ai fêté mes 70 ans toute seule le 14 mars dernier. Je peux vous dire que ça vous donne les larmes aux yeux. Peu après, ma petite-fille et ses parents sont venus se promener avec moi au bord du Rhône, où nous avons maintenu les 2 mètres de distance, bien que nous rêvions de nous prendre dans les bras.»

…ou virtuelles

A Corin, Jérémie Robyr et son épouse ont eu contact avec leurs petits-enfants âgés de 9 à 19 ans exclusivement par WhatsApp et visioconférence. «C’est évidemment une cassure», admet le grand-papa.

A lire aussi : Coronavirus: le message de Daniel Koch suscite autant de joie que de perplexité

«C’est incomparable», ajoute Micheline Cochard. «Le manque de chaleur humaine est pesant.» Si on lui avait dit un jour qu’elle ne pourrait plus prendre sa petite-fille dans les bras, elle ne l’aurait pas cru. «C’est presque comme en temps de guerre, les bisous en moins.»

Des enfants conscients des enjeux

Et les culottes courtes, de leur côté, comment vivent-elles ces temps particuliers? Si les plus jeunes réclament une visite chez grand-papa et grand-maman ou témoignent d’une certaine mélancolie, tous semblent parfaitement comprendre les enjeux et l’importance de leur comportement.

«Devant la maison, j’ai croisé une petite fille de 4 ans qui s’est couvert la bouche dès qu’elle m’a vue. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit que c’était pour me protéger parce qu’elle pouvait donner la maladie aux grands-mamans», conclut, touchée, Micheline Cochard en riant.

A lire aussi : "Le yogourt moisit-il dans le frigo à minuit?": le commentaire d'Olivier Hugon


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Résumé de la semaine

Ne ratez plus rien de l'actu locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque samedi toutes les infos essentielles de la semaine !

Recevez chaque samedi les infos essentielles de la semaine !

À lire aussi...

PANDÉMIECoronavirus: «Il faut agir et convaincre d’agir», estime Laurent KurthCoronavirus: «Il faut agir et convaincre d’agir», estime Laurent Kurth

solidaritéChaîne du Bonheur: 4 millions pour «Coronavirus International»Chaîne du Bonheur: 4 millions pour «Coronavirus International»

PandémieCoronavirus: la construction s’effrite au TessinCoronavirus: la construction s’effrite au Tessin

live
PandémieCoronavirus: toutes les nouvelles du jeudi 22 octobreCoronavirus: toutes les nouvelles du jeudi 22 octobre

actionCoronavirus – Chaîne du Bonheur: journée de solidarité pour les pays fragiles lancée par Simonetta SommarugaCoronavirus – Chaîne du Bonheur: journée de solidarité pour les pays fragiles lancée par Simonetta Sommaruga

Top