Coronavirus
  04.11.2020, 16:13

Coronavirus: le Valais ferme les cafés et les restaurants, des aides financières sont déployées

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Gestion de la pandémie Comme tous les autres cantons romands, le Valais va fermer tout le secteur de la restauration. Le Conseil d’Etat l’a annoncé ce mercredi. Un plan d’aides de plusieurs millions sera déployé pour permettre aux établissements publics, mais aussi aux entreprises déjà fermées, comme les fitness, de surmonter cette nouvelle crise. Les voyagistes et le secteur de l'événementiel aussi soutenus.

Le Conseil d’Etat valaisan annonce de nouvelles mesures pour faire face à la deuxième vague de coronavirus. Dès vendredi, à 22 heures, les restaurants et autres bistrots devront fermer. La mesure s’applique jusqu’au lundi 30 novembre inclus. Au moins.

Ces nouvelles restrictions arrivent au moment où le Valais fait face à un nombre record de patients infectés par le coronavirus. Mardi, 303 patients se retrouvaient à l’hôpital pour cette raison. 

La dernier tour de vis avant un reconfinement? «Les mesures prises sont sévères mais adaptées à la situation», assure Christophe Darbellay, président du gouvernement, «un nouveau confinement serait désastreux pour l’économie. Nous espérons que la population appliquera les mesures et que nous n’aurons pas à en arriver à cette extrémité. Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. La différence avec mars est grande: les magasins, les coiffeurs, les dentistes... tous ces commerces sont encore ouverts.»

Qu’est-ce qui ferme?

Les cafés, les restaurants, les pubs, les brasseries, les bars – y compris ceux que l’on trouve dans les boulangeries, les stations d’essence, les gares, les hôtels et les campings – seront fermés.

Qu’est-ce qui reste ouvert?

Les services de livraison et de distribution de nourriture à domicile, les marchés pour lesquels la consommation sur place est interdite, les take-away, les cantines des hôpitaux, des EMS, des entreprises non ouvertes au public, des écoles ainsi que les restaurants des hôtels pour les clients qui y séjournent restent ouverts.

Les autres mesures déjà annoncées restent valables: les boîtes de nuit, les discothèques et les clubs érotiques restent fermés, ainsi que les cinémas, les théâtres, les musées, les salles de concert, les fitness et les piscines.

A lire aussi: Coronavirus: les rassemblements à plus de dix personnes sont interdits en Valais

Des millions de francs en soutien

L’exécutif cantonal sait que le secteur de la restauration va au-devant de sérieuses difficultés. Il annonce un plan de soutien de 20 millions de francs sous forme d’aides à fonds perdu. «Le Valais est l’un des premiers cantons à fournir ce type d’aides. Ces montants viseront à soutenir ceux qui ont déjà fermé, comme les lieux de divertissement et de loisirs, et ceux qui fermeront vendredi», précise Christophe Darbellay. Un crédit sera présenté au Grand Conseil.

L’Etat du Valais va également débourser un montant de 9 millions pour soutenir le secteur de l’événementiel et les voyagistes, jusqu’à un montant maximum de 300 000 francs par entreprise. Une demande dans ce sens sera également soumise au Parlement cantonal. «Cette aide a été envisagée depuis le début de la deuxième vague, car ces secteurs sont très fortement impactés et déjà fragilisés par les mesures prises lors de la première vague. Les risques de faillite sont bien réels.»

La Confédération a annoncé de son côté qu’elle mettait en consultation l’ordonnance sur les cas de rigueur pour soutenir ces mêmes secteurs économiques. «Nous ne pouvions pas attendre la Confédération pour agir. Nous devons compléter ce qui est proposé.» Quoi qu’il arrive, les montants articulés ce mercredi seront accordés par l’Etat du Valais.

Quant à savoir quand cet argent arrivera sur les comptes des entreprises concernées: «Nous faisons tout pour que ces aides arrivent le plus vite possible», assure le président du gouvernement.


Les réactions des milieux concernés

Cafetiers-restaurateurs tristes mais soulagés

Michaël Duribreux, gérant du Buffet de la Gare à Sierre. Sacha Bittel

«On attendait tous cette décision, mais c’est une triste nouvelle, d’autant plus que c’est la deuxième fois de l’année. C’est bien dommageable pour tout le monde», réagit Michaël Duribreux, gérant du Buffet de la Gare à Sierre, dont le nombre de clients a diminué de moitié depuis l’entrée en vigueur des dernières restrictions. «Il faut maintenant se serrer les coudes et aller de l’avant.»

A lire aussi: Coronavirus: les bistrots et restaurants tournent au ralenti en Valais

Pour Patrick Gluck, patron du Café de la Paix à Monthey qui a perdu près de 70% de son chiffre d’affaires ces deux dernières semaines, continuer à travailler comme cela durant des mois était impensable. «J’ai des collègues qui étaient malades ou en quarantaine. C’est mieux de fermer pour mieux repartir après et sauver la saison d’hiver.» Grâce aux aides prévues, il ne devra pas licencier d’employés.

Mieux vaut fermer trois semaines maintenant, réussir à baisser la courbe et pouvoir travailler à Noël et Nouvel An.
André Roduit, président de GastroValais

L’association GastroValais salue quant à elle «une décision sage» du Conseil d’Etat valaisan. «Mieux vaut fermer trois semaines maintenant, réussir à baisser la courbe des contaminations et pouvoir vraiment travailler à Noël et Nouvel An», déclare son président André Roduit. «Le canton fait un bel effort avec 20 millions de francs. Nous attendons désormais un effort semblable de la Confédération pour qu’elle remette en route les mesures déployées au printemps, à savoir une RHT immédiate et la prise en charge des charges sociales.» Les indépendants peuvent pour l’heure continuer à demander une allocation pour perte de gain. AMA

 

Mieux que rien pour les voyagistes

Dominique Evéquoz, président du Groupement valaisan des agences de voyages. Sacha Bittel

Les voyagistes sont parmi les plus touchés par la crise sanitaire. Les entreprises du secteur ont perdu 85% à 90% sur un chiffre d’affaires global d’environ 110 millions, en Valais. Président du Groupement valaisan des agences de voyages (GVAV), Dominique Evéquoz remercie le Conseil d’Etat pour sa décision: «Ces mesures sont salutaires pour la plupart des entreprises. C’est de l’argent qui tombe une année où il n’y avait rien. Mais je ne suis pas sûr que ces 9 millions répartis sur plusieurs secteurs soient suffisants si tout le monde y a droit. Les voyagistes n’ont presque pas travaillé en 2020 et les pertes sont abyssales.» «Le plafond de 300 000 francs par entreprise correspond aux besoins pour la plupart des agences de voyages, mais les plus grandes entités, notamment les autocaristes, auront besoin de plus», ajoute Dominique Evéquoz.

C’est de l’argent qui tombe une année où il n’y avait rien.
Dominique Evéquoz, président du Groupement valaisan des agences de voyages

Membre de la direction de Buchard Voyages, François Buchard estime que, même tardive, cette annonce est un bon signal: «C’est une goutte d’eau par rapport à nos pertes, mais c’est concret et je remercie nos autorités. Comme tout le monde on aimerait recevoir plus. Mais si les RHT et le remboursement des prêts Covid sont prolongés, on s’en sortira. Malgré tout, nous devrons continuer à puiser dans les réserves constituées par la génération précédente tant que la reprise n'est pas au rendez-vous.» AB

 

L’événementiel attend

Samuel Bonvin, directeur du FVS Group. DR

Les professionnels contactés voient globalement comme un signal positif le fait que 9 millions de francs soient alloués à leur secteur et à celui des voyagistes, mais tous soulignent la situation d’urgence dans laquelle ils se trouvent. «C’est très bien de débloquer des fonds. Mais il faut qu’ils nous parviennent, et ce rapidement. Avec mon entreprise Sonoval, j’ai pu tenir jusqu’ici. Mais mon dossier est sur le bureau du Service de la culture depuis avril et je n’ai reçu qu’un acompte de 10 000 francs. Alors que mes pertes se montent à 2 millions de francs», souligne Valentin Jacquaz, directeur de Sonoval Sàrl, qui précise que le positionnement particulier de son entreprise pose des difficultés. «La situation devient dramatique. Si les aides n’arrivent pas d’ici à fin novembre, on risque de mettre la clé sous la porte.»

C’est très bien de débloquer des fonds. Mais il faut qu’ils nous parviennent.
Valentin Jacquaz, directeur de Sonoval Sàrl

Samuel Bonvin, directeur du FVS Group, souligne quant à lui la nécessité de fédérer le secteur pour que sa voix porte auprès des autorités. «Avec le FVS Group, nous avons pu obtenir du soutien et nous sommes sécurisés jusqu’à la fin de l’année. Ce qu’on constate au-delà de notre cas, c’est que l’événementiel manque d’une association faîtière qui puisse défendre ses intérêts de façon concertée. Il serait intéressant que la Confédération et les cantons fassent une analyse poussée du poids effectif du secteur. Et qu’il soit considéré comme un levier économique et non comme un luxe dont on peut se passer.» JFA


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