Coronavirus
 26.03.2020, 18:57

Coronavirus: le confinement total, une «mesure ultime» qui fait débat

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Plus personne dehors, à moins d'une nécessité. l'idée fait débat parmi les professionnels de la santé.

À la maison Dans une lettre ouverte, 300 professionnels de la santé romands demandent au Conseil fédéral de prononcer un confinement strict de la population. Pour l’instant, les organisations faîtières ne voient pas l’utilité de la déployer pour contrer l’épidémie de coronavirus.

Ils sont plus de 300 professionnels de la santé romands à l’avoir signée, infirmiers comme médecins-chefs. Une lettre ouverte qui demande instamment au Conseil fédéral «d’aller plus loin dans les mesures déjà entreprises» et «d’ordonner au plus vite un confinement strict de la population, soit la restriction de tous les mouvements qui ne sont pas nécessaires à la gestion de la crise».

Cet appel intervient alors que cette éventualité est sur toutes les lèvres depuis que plusieurs pays, dont la France et l’Italie, ont interdit à leur population de sortir sans laisser passer. Les signataires mettent quant à eux en avant les résultats obtenus dans la région de Hubei en Chine, «la seule qui n’a plus de nouveau cas lié à une contamination locale actuellement.»

L’idée trouve aussi un écho en Valais, sur les réseaux, où une pétition en ligne lancée par le Rassemblement Citoyen Valais a obtenu près de 6000 signatures en une semaine.

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Confiance dans l’expertise de l’OFSP

Au sein des faîtières du personnel de la santé, on comprend la démarche, tout en faisant confiance à la Confédération. «L’Office fédéral de la santé publique dispose de ses sources scientifiques et nous les reconnaissons en tant qu’experts», commente Marco Volpi, président de la section valaisanne de l’Association des infirmiers et infirmières. Et d’estimer que le Conseil fédéral dispose du recul nécessaire pour prendre les décisions.

Le ton est identique du côté de Pierre Arnold, président du groupement des médecins du Valais romand. «Il faut tenir compte du fait que certaines zones sont très touchées et d’autres moins», argumente-t-il. «En Valais par exemple, il y a beaucoup d’endroits où l’on peut sortir sans croiser personne. Il faut prendre en compte le risque qu’une telle décision soit incomprise.»

On a davantage de chances d’obtenir une adhésion générale avec des mesures pondérées et motivées sur le plan scientifique.
Pierre Arnold, président du groupement des médecins du Valais romand

Une solution de dernier recours

Mais l’opposition au confinement total n’est pas une opposition de principe. Une telle mesure peut se motiver si celles en vigueur venaient à se révéler insuffisantes. «On a davantage de chances d’obtenir une adhésion générale avec des mesures pondérées et motivées sur le plan scientifique», souligne-t-il. «Certaines recommandations n’étaient peut-être pas très claires au début, mais je crois que désormais la population a vraiment compris qu’il fallait faire attention.»

«Si tout le monde joue bien le jeu, cela devrait permettre de ralentir la propagation du virus et d’aplanir la courbe épidémique», précise le médecin cantonal Christian Ambord. «Le confinement n’est pas une décision anodine: elle a aussi des conséquences sur la santé des gens, notamment au niveau psychique. Ce serait la mesure ultime.»

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Le confinement total accentuerait certains risques

Le semi-confinement actuel a déjà mis en lumière des problématiques qu’un confinement total viendrait accentuer.. C’est le constat qu’établit Anne Guidoux, présidente de l’Association des psychologues du Valais. «Même si nous sommes encore dans une phase de «lune de miel» où les cellules familiales se retrouvent et réapprennent à créer des liens et faire des activités en commun.»

Pourtant, sous le stress conjugué du télétravail, de la gestion des enfants, de leur travail scolaire, et du ménage, le risque d’épuisement parental n’est pas loin. «Surtout en Valais, où les grands-parents sont normalement une ressource pour garder les enfants», précise Anne Guidoux. Un soutien auquel il est désormais déconseillé de recourir.

La spécialiste évoque d’autres problématiques qui pourraient être accentuées, qui se rapportent à «des angoisses liées à la mort, aux informations sans filtre, aux finances, ou des situations à risque (familles monoparentales, séparations conflictuelles, violences conjugales, enfants avec besoins spécifiques). Dans certaines situations, il vaut mieux pouvoir sortir se promener dans les vignes.»

 

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