Coronavirus
 19.10.2020, 05:30

Coronavirus - Eric Bonvin, directeur de l’Hôpital du Valais: «Je suis plus inquiet qu’en mars!»

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Eric Bonvin, directeur général de l'Hôpital du Valais: "Le traçage ne suffit plus. Il est tout simplement débordé par la rapidité de la contamination."

INTERVIEW En trois jours, l’Hôpital du Valais est passé de 23 à 59 hospitalisations liées au Covid-19. Son directeur, Eric Bonvin, tire la sonnette d’alarme et demande à toute la population valaisanne de «ne plus jouer avec la limite».

Eric Bonvin, à l’Hôpital du Valais, on est passés en trois jours de 23 hospitalisations liées au Covid à 59. Vous tirez aujourd’hui la sonnette d’alarme à travers un communiqué de presse. Vous êtes plus inquiet qu’au mois de mars?

Oui, bien que la situation ne soit pas tout à fait la même, je suis plus inquiet, notamment en raison de la rapidité de cette augmentation d’hospitalisations. Même si l’on n’a encore que quatre cas aux soins intensifs, 25% de ces hospitalisations peuvent potentiellement s’y retrouver, ce qui placerait l’Hôpital du Valais dans un degré 3 d’urgence, jamais atteint au printemps.

Que pouvez-vous nous dire sur les personnes hospitalisées?

Ce sont majoritairement des personnes âgées, comme au printemps, mais avec une tendance à la diminution de cette moyenne d’âge.

«Le traçage ne suffit plus et est tout simplement débordé par la rapidité de la contamination.»

 

Cette rapide augmentation signifie-t-elle qu’aujourd’hui nous ne maîtrisons plus la propagation du virus?

Elle signifie en tout cas que le traçage ne suffit plus et qu’il est tout simplement débordé par la rapidité de la contamination. Aujourd’hui, il faut que toute la population prenne conscience de la gravité de la situation. Il y a trois jours, l’OMS mettait en garde contre les trop nombreuses divisions politiques, scientifiques et sanitaires qui règnent dans le monde au sujet de cette pandémie et qui conduisent à des réponses inappropriées, pouvant conduire à des effets dramatiques. Au lieu d’avoir une réponse concertée face à cette pandémie, nous assistons à des rapports de force politiques ou sociétaux. C’est aussi un argument qui fait que je suis plus inquiet que ce printemps.

Quel message voulez-vous délivrer à la population? 

Jusqu’à aujourd’hui, tout le monde a joué avec la limite en espérant que ce virus ne soit que passager, ce que l’on peut comprendre dans une certaine mesure, car moralement l’effort demandé ce printemps a été important. Mais l’hôpital constate aujourd’hui la réalité de cette recrudescence et appelle la population à respecter tout le temps les règles de distance sociale, d’hygiène et d’éviter au maximum les rassemblements.

Etes-vous favorable à un semi-reconfinement comme votre homologue des HUG?

C’est aux politiques à faire une pesée d’intérêts, mais aujourd’hui, la rapide augmentation des cas va peser sur l’économie. Il faut prendre des mesures justes, mais rapides. Je ne suis en tout cas plus favorable à laisser se poursuivre les manifestations qui rassemblent des personnes. Si la situation s’aggrave, la société devra de toute manière ralentir en raison du nombre de malades et, de ce point de vue, la prévention est quoi qu’il en soit bien plus efficiente.

Le personnel hospitalier est-il prêt à faire face à cette situation?

Oui, bien que la situation soit plus compliquée qu’au printemps. Les professionnels sont davantage touchés par la pandémie dans le cadre de leur vie sociale et nous nous attendons à un absentéisme pour cause de maladie bien plus important. En outre, les équipes n’ont pas toutes pu récupérer par rapport à la crise de mars et le moral n’est pas au beau fixe, avec un sentiment de manque de reconnaissance, lié notamment au fait que le monde politique n’a toujours pas résolu le problème du financement des hôpitaux durant cette crise. La crainte du manque de protection qu’avait généré la pénurie de matériel et de médicaments est encore présente aux esprits. Mais nous entreprenons tout ce qui est possible pour ne pas être débordés dans les semaines à venir et nous avons besoin de toute la population valaisanne pour cela.
 


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