Coronavirus
 28.04.2020, 05:30

Coronavirus : « L’OFSP doit préciser le cadre clair des relations entre grands-parents et petits-enfants.»

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Eric Bonvin, directeur général de l'Hôpital du Valais : " L’Hôpital du Valais est maintenant passé sous la barre des 60 cas hospitalisés dont 12 aux soins intensifs."

PANDEMIE Répondant à vos questions, Eric Bonvin revient sur les propos de Daniel Koch, la future rentrée scolaire et le risque de rebond de la pandémie.

Eric Bonvin, aujourd’hui, tout le monde parle de nouveau de Daniel Koch et de sa déclaration qui permet aux enfants de moins de 10 ans d’être embrassés par leurs grands-parents, mais pas gardés. Qu’en pensez-vous? 

Cette autorisation nous dérange quelque peu, car elle ne dit rien sur le contexte qui va entourer ce moment et qui peut s’avérer, selon les cas, dangereux. Je pense que l’OFSP devrait préciser très rapidement les conditions claires de relations entre grands-parents et petits-enfants.

Le masque est utile lorsque la distance sociale ne peut pas être maintenue.

Par rapport à ce déconfinement, un lecteur estime que personne ou presque ne répond aux questions liées au masque en se retranchant derrière la distance sociale. Alors préconisez-vous ou non le port du masque: pour les personnes à risque, dans les transports publics ou lors d’une visite en EMS? 

Il revient à l’OFSP de dire s’il faut ou non porter un masque et non à l’hôpital. Mais la difficulté de cette question réside justement dans le fait que l’on ne peut pas y apporter de réponse définitive et que chaque situation nécessite un examen particulier, car la distance sociale reste la mesure la plus efficace pour limiter la propagation du virus. Le masque est efficace comme barrière contre d’éventuelles projections de particules virales. Il empêche qu’une personne infectée sans le savoir projette des particules et protège une personne non infectée contre la projection de telles particules sur les muqueuses du nez ou de la bouche. Il peut donc être utile lorsque la distance sociale ne peut être maintenue, comme dans les trois situations que vous citez. Il ne saurait cependant se suffire à lui-même en l’absence d’autres mesures, comme celles liées à l’hygiène des mains et la manipulation correcte du masque.

L’Italie a décidé de ne pas rouvrir ses écoles avant septembre, en France, le conseil scientifique des médecins préconise le masque pour tous les enfants et en Suisse, on dit que les enfants ne sont pas des vecteurs du virus, ce qui signifie qu’ils n’auraient pas à porter de masques. Entre ces décisions apparemment contradictoires, plusieurs lecteurs aimeraient connaître la position de l’hôpital à ce sujet.

Les informations de base restent les mêmes, chez nous comme ailleurs, et personne n’a encore de certitude à ce sujet. Il semble toutefois que les enfants ne tombent que très exceptionnellement malades et qu’ils ne soient pas des vecteurs importants du virus. Les options qui s’offrent ensuite aux différents gouvernements et les décisions qui en découlent doivent aussi tenir compte de la situation de chaque pays. En Suisse, nous attendons encore des consignes plus précises à ce sujet.

Le retour sur les bancs d’école se fera avec des mesures contraignantes d’organisation.

En Suisse romande, une pétition de 18 000 signatures demande le report de l’ouverture des écoles et plusieurs craintes ont aussi été exprimées à travers les questions de lecteurs. Les comprenez-vous? Ou alors êtes-vous en mesure de les rassurer?

Là aussi, il s’agit aux autorités sanitaires et de l’éducation de s’accorder sur les mesures à prendre et non à l’hôpital. Ce que l’on peut simplement dire c’est que l’école ne pourra pas reprendre comme avant. Le virus n’a pas disparu et ce retour sur les bancs d’école devra se faire avec des mesures organisationnelles assez précises et certainement contraignantes. Dans ces conditions, le risque paraît très faible mais pas nul. 

Tout le monde se rend bien compte qu’avec l’ouverture des écoles, les mesures de distanciation de 2 mètres seront difficiles à appliquer, notamment chez les plus petits. Mais cette réalité peut-elle, à elle seule, faire repartir la pandémie?

Selon les connaissances actuelles, les enfants joueraient un rôle mineur dans la transmission du virus et le risque qu’ils puissent générer une seconde vague est très faible. Si risque il y a, il se situerait à mon avis davantage dans les déplacements des adultes qui accompagneraient les enfants à l’école que dans les interactions entre enfants.

A partir du moment où l’on déconfine, un rebond du nombre de cas est-il inévitable?  Et est-on suffisamment bas aujourd’hui avec le nombre de cas et d’hospitalisations pour que ce rebond soit géré sans revenir à une situation problématique?

A ce jour, la Suisse et le Liechtenstein ont enregistré un total de 29 164 cas confirmés en laboratoire, avec 103 cas supplémentaires au cours des dernières 24 heures. L’incidence se monte à 340 cas pour 100 000 habitants. Il est très difficile d’indiquer un seuil «plancher» au-dessous duquel nous serions «tranquilles», car nous avons vu à la fin de l’hiver que  tout peut se précipiter en l’absence de mesures contraignantes. Pour endiguer la progression de la maladie, il nous faut non seulement identifier tous les nouveaux cas, et les isoler pour les traiter, mais également tous leurs contacts récents pour les mettre en quarantaine et les surveiller. Une telle démarche n’est réalisable en Suisse qu’avec une progression de 100 à 200 cas par jour, mais pas au-delà, car nous n’aurions alors plus les moyens d’appliquer cette méthode.

L’Hôpital du Valais conservera 92 lits dédiés au Covid-19, auxquels il faut ajouter 35 places supplémentaires pour des patients ventilés aux soins intensifs.

Très concrètement, à partir de maintenant, combien allez-vous laisser de lits disponibles pour le Covid-19 au sein de l’Hôpital du Valais?

L’Hôpital du Valais est maintenant passé sous la barre des 60 cas hospitalisés dont 12 aux soins intensifs. Depuis ce lundi 27 avril, hors soins intensifs, il est prévu de dédier 92 lits, soit 20 au Centre hospitalier du Haut-Valais et 72 au Centre hospitalier du Valais romand, aux patients atteints du Covid-19. Il faut y ajouter un total de 35 lits et places supplémentaires pour patients ventilés aux soins intensifs.

Un lecteur se demande si les personnes à risque ne pourraient pas faire leurs achats à un moment précis de la journée qui leur est exclusivement réservé. Est-ce dangereux?

Au-delà des imprévus en chemin, cela ne me paraît pas dangereux en soi, mais ces aménagements devraient être mis en place et coordonnés par les commerces eux-mêmes, ce qui n’est pas forcément réalisable ou souhaité par ces derniers. Et, quel que soit le dispositif, celui-ci doit rigoureusement garantir à la fois le maintien de la distance sociale et l’accès à des moyens permettant d’assurer l’hygiène des mains. 
 


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