Un sceau impérial volé en 1860 à Pékin mis aux enchères à Paris

Un sceau impérial volé en 1860 à Pékin sera mis en vente en décembre à Paris.
06 août 2015, 15:17
A delegate holds an envelop printed with the Communist Party of China emblem and Chinese characters, that read "Chinese Communist Party 18th National Congress documents," as she leaves the Great Hall of the People after the opening session of the 18th Communist Party Congress in Beijing, China, Thursday, Nov. 8, 2012. China's ruling Communist Party opened a congress Thursday to usher in a new group of younger leaders faced with the challenging tasks of righting a flagging economy and meeting public calls for better government. (AP Photo/Alexander F. Yuan)

Le sceau impérial chinois, volé en 1860 lors du sac par le corps expéditionnaire franco-britannique de l'ancien Palais d'été de Pékin sera mis en vente en décembre à Paris, selon la presse chinoise. Sa valeur est estimée entre 150'000 et 200'000 euros (181'000 et 242'000 francs).

Le sceau sera mis aux enchères le 17 décembre par Artcurial, première maison de vente française, a indiqué vendredi le journal "Global Times". Il a ajouté que des efforts côté chinois pour retirer ce lot de la vente s'étaient soldés par un échec.
 
Dans son catalogue de la vente "Art d'Asie" du 17 décembre, Artcurial présente un "rare cachet impérial en jade vert épinard sculpté, dynastie Qing, époque Qianlong (1736-1795)".
 
Ce cachet est gravé de six caractères signifiant "Grand sceau des oeuvres examinées pour conservation à la bibliothèque des oeuvres de l'empereur", précise la maison de vente.
 
Boycott chinois
 
Selon Artcurial, cet objet est resté par descendance dans la même collection particulière française depuis la fin du XIXe siècle.
 
Les autorités chinoises recommandent systématiquement le boycott des ventes aux enchères comprenant des lots du Palais d'été et appellent les détenteurs étrangers d'objets pillés à les restituer sans en faire commerce.
 
Le mois dernier la maison de vente Bonhams avait retiré d'une vente à Londres deux objets d'art pillés au Palais d'été de Pékin, en se disant "désolée" que cela ait pu susciter un "sentiment d'offense en Chine".
 
Le 18 octobre 1860, durant la seconde guerre de l'opium, le haut commissaire britannique en Chine, Lord Elgin, avait ordonné la destruction du palais et de ses jardins impériaux, édifiés par les empereurs Yongzheng et Qianlong, qui furent pillés et brûlés par les troupes française et britannique.
 
Ce saccage a représenté pour les Chinois une humiliation et un traumatisme qui demeurent encore vivaces aujourd'hui.