La chanson française se la joue tout terrain avec Kifkif

Les Lausannois prennent plaisir à voyager entre les univers musicaux

30 juil. 2012, 07:00
data_art_6253679.jpg

Des mémoires d'une tête d'élan aux paroles grivoises écrites sur un bord de table en passant par les frasques d'un moustique, Kifkif touche à tout. La formation lausannoise classe d'ailleurs elle-même ses productions dans la catégorie "chanson française tout terrain" . Au rayon influences, cela débouche sur un authentique compromis helvétique.

"Pascal (guitare, ukulélé, basse et chant) , c'est rock pur et dur, anglais de préférence. Led Zeppelin, Pink Floyd" , glisse Timothée Haller l'un des trois membres fondateurs du groupe. "David (guitare, ukulélé, piano et chant) , c'est le variétiste 90's. Des influences difficiles à définir. Goldman, KS'Choice...." Quant à Timothée (piano, guitare et chant) c'est la touche chanson à textes... Brassens, Brel et plus largement les classiques des années 1950 à 1980, dixit le musicien. "J'ai grandi avec Pierre Perret. Mes parents étaient très orientés musique francophone."

L'aventure Kifkif débute en 2004 avec la rencontre de Timothée Haller, Pascal Parrone et David Tschopp. Trois musiciens qui participent aux Ateliers du Funambule à Nyon. "On avait la même idée, la même vision du groupe ", explique Timothée Haller. "Faire de la chanson qui ne se prend pas la tête."

"Une idée de fin de soirée" qui accouche d'un concept qui, sept ans plus tard, se porte bien. "Tout est allé très vite au départ" , détaille Timothée Haller. "On a un peu créé tout ça à l'arrache." Si le batteur est vite trouvé, cela coince un poil plus pour le bassiste. "Il nous faudra une année et demie pour trouver Stéphane (réd: Poissonnier) ." Le groupe ne sera au complet que six mois, le premier batteur s'envolant vers d'autres cieux. Raphaël Chamorel le remplacera finalement en 2007.

En quelques années, la formation lausannoise se constitue un répertoire d'une quarantaine de titres originaux. Si Kifkif avait déjà enregistré plusieurs titres auparavant, "La vie à contresens", sorti en septembre de l'année dernière, est bien le premier album du groupe. Douze morceaux mixés et masterisés par Benoît Corboz au Studio du Flon à Lausanne.

En dehors de "Mélanie", écrit sur un coin de table par les trois fondateurs du groupe, les titres de Kifkif se forgent dans le creuset de chacune des individualités. "On arrive avec un texte, une musique ou les deux" , note Timothée Haller. "On s'entend ensuite sur les arrangements si les morceaux collent au projet commun."

Sur scène, le groupe tient à présenter trois voix, trois "frontmen" , souligne Timothée Haller. "Il y a une vraie volonté de mettre cette diversité en avant".

Une diversité qui est à n'en pas douter la marque de fabrique de Kifkif. On la retrouve d'ailleurs dans les collaborations de "jeunesse" du groupe au théâtre de Colombe, à Chailly. "On y donnait un concert par mois" , glisse Timothée Haller. "On y a, entre autres, travaillé avec la chanteuse genevoise Sand mais aussi avec Laurianne Félix ou encore Pascal Rinaldi. On aime jouer avec les autres. On s'est d'ailleurs rendu compte que cela se faisait avec facilité." De quoi confirmer, si besoin, que KifKif à tout du groupe tout terrain.

Retrouvez ci-dessous  la chronique de Valérie Ogier sur Option Musique:

Le groupe Kifkif. [kifkif-musique.ch]