La protégée de Jipé Nataf s'émancipe avec son deuxième album

Mina Tindle a marqué Paléo avec sa pop music indé très délicate. La jeune Française a réalisé un très beau concert avec des mélodies de voies et de guitares proches de Jipé Nataf, son mentor. Mina Tindle est revenu avec "Parades" beaucoup plus sûre d'elle et sans l'aide du Pygmalion occupé à reformer sa machine à tubes Les Innocents.

30 juil. 2015, 20:20
Mina Tindle dans un de ses derniers clips.

On a du mal à distinguer Mina Tindle de l’univers pop indé de Jipé Nataf? Comment expliquer que votre univers soit si proche de la musique solo du chanteur des Innocents?

C’est une vraie rencontre humaine et artistique entre lui et moi. Sa musique et celle des Innocents m’ont accompagnée toute ma jeunesse. On s’est rencontré par le réseau social MySpace. Je suis rentré en contact avec d’autres musiciens aussi par ce biais. Jipé était fou avec ce site car il pouvait trouver à tout moment quelqu’un au fin fond du Canada qui partageait les mêmes goûts.

Il m’a découvert par la musique comme moi, je l’ai découvert par la musique. Donc, c'est une superbe histoire d'amitié commençant sur une base commune. Jipé met longtemps à faire des disques. On a donc pris le temps de faire ce premier disque ensemble. Pour le deuxième en revanche, j’avais envie de faire autrement, je lui ai demandé un après-midi de revoir mes textes car je bloquais dessus. Il a corrigé deux lignes et c’était tout. Il a trouvé le résultat final très satisfaisant.

Sur le deuxième album "Parades", la chanson "Pas les saisons" possède une esthétique, des histoires graves et pas graves avec un vrai groove derrière. Comment expliquer ce mélange d'humeurs en musique? 

Sur le premier disque "Taranta", j’étais au bout du rouleau, je ne me sentais pas du tout légitime. Accompagnée de quelqu’un comme Jipé, c’était bien sûr un facteur rassurant. Avoir comme musicien régulier à mes côtés quelqu'un comme Olivier Margueri (il joue dans Syd Matters, Los Chicros et O…) m’aide aussi beaucoup dans ce sens. Pour les chansons de mon deuxième album, ce sont des sujets plus ou moins graves c'est vrai. Mais je les aborde avec plus de fougue, plus de libérté…

Le choix de l’anglais et du mélange anglais/français change-t-il quelque-chose dans ton approche de l'écriture et de l'interprétation?

Oui, ça compte beaucoup ce choix de mélanger les deux langues. Ce n’est pas une conquête du monde entamée avec l'anglais comme moyen... mais bizarrement le fait d’avoir fait ce choix me permet de réaliser des projets. Je suis allée à Chapel Hill en Caroline du Nord pour créer mon propre groupe. Puis plus tardivement je me suis penchée sur des classiques, j’avais envie de découvrir l’anglais en musique. J’ai toujours aimé la musique brésilienne et africaine aussi. Alors, je crois que mon but était surtout de découvrir d’autres cultures. Je retourne à New York depuis deux ans régulièrement. J’ai erré dans cette ville en 2007. Tu te refais un monde en étant à New York, à Williamsburg. J’habitais au-dessus du club le Zébulon. Tous les musiciens indés de Brooklyn y venaient. Il y avait Dirty Projectors, Grizzly Bear, TV on the Radio... C’était un endroit où on pouvait voir de grands jazzmen. Je travaillais dans la communication en stage de fin d’études, un truc musical pourri... Mais ce sont toujours ces rencontres dans mon quartier qui m'ont marquées. C’est pour ça que les Etats-Unis sont importants pour la musique. Le jazz y est né et il y a un tel mélange. 

Mais vous commencez les concerts avec "Je sais", en français, vous l'aimez plus que les autres cette chanson ou est-ce juste une bonne chanson pour démarrer?

Je ne sais pas où la mettre autrement, elle est en français et en anglais... J’aime aussi la chanson "Pan" qui me rapproche de Jipé… je l’ai écrite et elle ressemblait beaucoup à la musique de Jipé Nataf. Le fait de faire ses premières parties, mon amour pour son deuxième disque solo, tout cela a fini par rapprocher de lui. Avant de rencontrer Bertrand Belin, Jipé et Dominique A étaient les deux contemporains que j’aimais beaucoup, les deux seuls.

La chanson "Taranta", sur le deuxième album écrite en hommage à une amie qui vient des Pouilles, en Italie, est une superbe travail d’écriture. Comment a-t-elle été écrite?

Oui c’est une amie qui faisait de la danse là-bas. L’écriture est venue assez simplement. Jipé me dit que ça va aller en s’améliorant comme du bon vin. Du coup, j'ai beaucoup moins de gêne pour tenter des choses avec le temps. J'ai plus de liberté. Pourtant mon écriture est plutôt alambiquée... Tout le contraire des plus belles chansons que j’aime, des chansons dont je comprends le sens des paroles...

Voici en vidéo une petite sélection des albums préférés de Mina Tindle. On a commencé par quatre et on n’a pas pu tenir ce nombre.