Fiction: après 40 ans de règne, le Paléo tire sa révérence et c'est dur

Imaginez que l'indéboulonnable Paléo s'apprête à disparaître. Imaginez que c'est la dernière fois que vos pas soulèvent la poussière de la plaine de l'Asse. Ressentez le vide qu'une telle éventualité laisserait dans l'été des festivaliers. Bienvenue dans l'article de la déprime.

23 juil. 2015, 06:30
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Ça y est, c'est la dernière édition du Paléo. Nous en sommes à un peu moins de la moitié de cette ultime semaine mais, déjà, une puissante nostalgie étreint le cœur des festivaliers. Comme pour se mettre au diapason le ciel jusqu'à là radieux s'assombrit peu à peu. Ces nuages noirs nous renvoient cruellement à l'avenir funeste du festival.

Comme nous étions insouciants! Paléo était immortel, il traversait les années avec une insolente facilité, enchaînant les soirées à guichets fermés. Chaque été depuis quarante ans, le festival constituait un repère immuable pour les habitants de la région et les amateurs de musique. Et pourtant Paléo va mourir dans quelques jours et rejoindre le cimetière des manifestations disparues.

Et toutes ces petites choses qui font le Paléo vont s'évanouir avec lui. Bien sûr, la manifestation nous laisse en héritage d'innombrables souvenirs, mais le temps, cet imbattable ennemie, aura leur peau. Fatalement.

Que ferons-nous à l'avenir durant ces quelques jours de juillet devenu à nouveau si banals? Où irons-nous laisser vaquer nos esgourdes à la recherche d'un chouette concert? Au Montreux Jazz? Trop guindé. Aux Eurockéennes? Trop lointain. Car là se situe le problème, au-delà de la musique et même peut-être au-delà de la nourriture, Paléo c'est chez nous, c'est la gigantesque fête au village d'une région, celle des amis, des connaissances et des habitudes.

Avec la perte de ce festival, c'est un irremplaçable bon copain qui s'en va.

Je déconne, très bon festival à tous et "bamboulé" comme on dit.