Le réalisateur Francesco Rosi est décédé, le cinéma italien perd l'une de ses grandes figures

Le réalisateur italien Francesco Rosi est décédé samedi à Rome à l'âge de 92 ans. Il était considéré comme l'un des "grands" du cinéma italien, grâce notamment à ses films-enquêtes politiques comme "L'Affaire Mattei" qui lui valut le Grand Prix du Festival de Cannes.

10 janv. 2015, 17:01
Le cinéma italien perd l'un de ses grands maîtres.

Le réalisateur Francesco Rosi est décédé samedi à Rome à l'âge de 92 ans. Il était l'un des "grands" du cinéma italien, qu'il a contribué à renouveler à travers le genre du film-enquête politique comme avec "L'Affaire Mattei" qui lui valut le Grand Prix du Festival de Cannes.

Selon le "Corriere della Sera", le réalisateur et scénariste, qui gardait le lit depuis plusieurs semaines en raison d'une bronchite, est décédé au cours de son sommeil. Entre documentaire et fiction, ses films, héritiers du cinéma réaliste d'après-guerre, se sont attachés à montrer le poids des mécanismes collectifs - pouvoir, institutions ou argent - sur les destins individuels.

"Francesco Rosi est mort, un homme d'une immense culture, un réalisateur extraordinaire, l'orgueil de Naples, une terre qu'il a aimé et défendu", a écrit sur son compte Twitter Luigi de Magistris, le maire de la ville. "Personne n'a su comme Francesco Rosi raconter le pouvoir", a commenté Roberto Saviano, le journaliste napolitain célèbre pour "Gomorra", son livre-enquête sur la mafia locale.

Avec Luchino Visconti

Né le 15 novembre 1922 à Naples, Francesco Rosi étudie le droit puis fait ses premiers pas dans le théâtre comme acteur et assistant metteur en scène. Avec Luchino Visconti, dont il est l'assistant sur "La terre tremble" (1948) et le co-scénariste sur "Bellissima" (1951), il apprend à utiliser des acteurs non professionnels et les ressources d'un décor naturel.

Assistant d'Antonioni, de Monicelli, il débute dans la mise en scène en terminant "Les chemises rouges" (1952) d'Alessandrini. Dès ses deux premiers films "Le défi" (1958) et "I magliari" (1959), influencés par le film noir américain, il se passionne pour les sujets sociaux.

En 1961, il réalise "Salvatore Giuliano", sur l'assassinat du célèbre bandit sicilien, qui contribue à bouleverser la narration cinématographique en inaugurant le genre du film-enquête.

Adaptation de Gabriel Garcia Marquez

Témoin privilégié de la société italienne, Rosi évoque ensuite l'affairisme immobilier dans "Main basse sur la ville" (Lion d'or à Venise en 1963), les batailles politico-économiques autour du pétrole dans "L'affaire Mattei" (palme d'or à Cannes en 1972), le banditisme mafieux ("Lucky Luciano", 1973), les manipulations judiciaires ("Cadavres exquis", 1976) et les drames du sud de l'Italie ("Trois frères", 1980).

Après "Carmen" (1983) et une adaptation de Gabriel Garcia Marquez ("Chronique d'une mort annoncée", 1987), il revient à la mafia sicilienne avec "Oublier Palerme" (1990). En 1996, il réalise "La trêve", une adaptation du roman de Primo Levi.

Francesco Rosi a obtenu en 2009 L'Ours d'Or pour sa carrière décerné par le Festival de Berlin et en 2012 le Lion d'Or pour sa carrière du Festival de Venise. Une cérémonie en sa mémoire sera organisée lundi à Rome à la Maison du Cinéma.