courrier des lecteurs

Problèmes de loup

3 juin 2009

Lettre à Jean-Marc, Landry, biologiste et éthologue ("Le Nouvelliste" du 13 mai). "Les chasseurs n'ont rien à craindre de l'arrivée des meutes. Quand les proies diminuent, les loups se font plus rares." Tels ont été tes propos rapportés par "Le Nouvelliste" du 13 mai. Déception des chasseurs et de la majorité des montagnards. Ce que tu n'as pas dit et que ces derniers savent pourtant, c'est que, avant de prendre la clé des champs, les loups dévoreront leurs troupeaux. Tu te souviens de notre rencontre lors des premières attaques dans l'Entremont. A la cabane Brunet, je te montrais le troupeau de jeunes bovins. "Ce sont des proies pour un loup. Là, il faut des chiens de protection", concluais-tu. J'attirais ton attention sur le fait que ce pâturage était traversé par le sentier qui conduit à la cabane de Panossière. Tu m'as répondu: "Alors ça ne va pas, les touristes effrayés ne passeront plus." Tu as même encore ajouté: "Chez vous, le loup n'est d'aucune utilité." Pourquoi ces propos ne les as-tu jamais tenus dans les médias? J'ai fait partie de ceux qui avaient pour toi une réelle estime. Aujourd'hui, je suis contraint de donner raison à ceux qui pensent que ton intérêt pour le loup est peut-être supérieur à celui des populations des vallées valaisannes. Les théories de certaines associations de protection de l'environnement, médiatisées, souvent mensongères, ont plus de poids dans l'opinion que les problèmes causés aux populations concernées. Personne n'aurait eu autant que toi le crédit nécessaire pour en freiner la propagation ou en limiter l'influence. Tu n'en as pas eu l'audace. Intérêt personnel? En plus des incontournables problèmes humains inhérents à ce retour, c'est l'agriculture de montagne en grande partie assassinée. Jean-Marc, c'est par la presse que tu t'es adressé à nous. J'utilise le même canal pour te répondre.
par René Fellay, Prarreyer