courrier des lecteurs

Office des poursuites: débrouillez-vous!

19 févr. 2012

Voudriez-vous tenter de recouvrir votre dû, quelques locations par exemple, via un office de poursuites? Vous aurez donc à déposer une réquisition de poursuite à l'encontre du mauvais payeur, avec bien sûr une avance de frais, encaissée même si l'office a la certitude que vous ne reverrez jamais un kopeck en retour et que toute démarche restera inutile, mais on ne vous en dira surtout rien. Bien sûr, vous pourrez vous informer avant toute réquisition sur la situation du débiteur, toujours moyennant finance, mais vous n'obtiendrez que sa situation dans le dernier arrondissement où il a séjourné et où il sera peut-être solvable, alors que... Imaginez qu'en 2012, à l'heure de l'informatique, les offices de poursuites ne sont même pas équipés d'un fichier central cantonal. Vous aurez donc à jouer à l'inspecteur Snif pour retrouver les anciens domiciles de votre débiteur, ceci étant de votre responsabilité. Les rats d'hôtel l'ont bien compris et sont devenus des oiseaux migrateurs... Et si, comme ce fut mon cas, il vous arrivait de formuler une réquisition en annonçant clairement que le débiteur est sur le point de déménager, rien ne bougera pendant des mois, mais vous recevrez une facture supplémentaire pour «tentative de notification de commandement de payer». Cela ne s'invente pas! Mme Esther Waeber-Kalbermatten ayant été alertée sur le fait que la notion de registre cloisonné par arrondissement n'est aujourd'hui plus satisfaisante comme il y a 122 ans, date de la création de la loi, espérons que dans un avenir proche nous bénéficierons d'une transparence accrue sur la situation financière des débiteurs. Espérons aussi pouvoir compter sur des offices de poursuites d'abord au service du créancier.
par Michel Nendaz, Collonges