courrier des lecteurs

Le randonneur et le gibier vivent parfois en bonne intelligence!

22 févr. 2012

Durant cet hiver rigoureux, je lis souvent dans la presse, notamment dans «Le Nouvelliste» du 21 février, des recommandations envers les skieurs et les randonneurs de ne pas importuner le gibier qui souffre de la neige et du froid. Or j'ai pu constater plusieurs fois que le problème n'est pas aussi simple que veulent nous faire croire certains fondamentalistes. C'est ainsi que j'ai pratiqué dernièrement des sorties en peau phoque sur des pistes bien fréquentées. Et les traces que j'ai observées montraient que ces pistes servaient aussi au crépuscule de sentes pour le gibier afin de se déplacer sans enfoncer dans la neige et qu'elles permettaient même aux ongulés de se nourrir ainsi plus facilement dans de petites zones libérés de neige, souvent en amont des chemins. Autre constat: l'autre soir, j'ai rejoint en voiture ma demeure dans le Val d'Anniviers. C'était tard, après 1 heure du matin. Et j'ai rencontré durant mon trajet une demi-douzaine de biches, chevreuils et cerfs qui profitaient de la route pour se déplacer dans le val. Mon étonnement a été d'autant plus grand quand j'ai surpris dans mes phares un dix cors qui broutait sur un remblai d'amont. Ce cerf n'a même pas daigné jeter un coup d'œil sur l'intrus motorisé comme si cette proximité était tout à fait naturelle, chacun vaquant à ses occupations et se partageant chrétiennement le service de la route. Ces constats n'ont bien sûr rien de scientifique. Mais cela montre que le gibier sait parfois fort bien s'adapter à la présence de l'homme et même profiter de ses infrastructures. Vivre en bonne intelligence, n'est-ce pas une belle leçon de la nature!
par Jacques Vallotton, Saint-Luc