courrier des lecteurs

Hydroélectricité... De loueur à copropriétaire

13 janv. 2011

Le renouvellement des concessions hydroélectriques provoque de vives discussions. Chacun y va de sa petite recette, les uns proposant un renouvellement pur et simple des concessions octroyées dans la première partie du siècle passé, d'autres, plus sensibles aux besoins du canton et au fait que l'eau, si elle vient des montagnes, passe aussi par la plaine, penchent pour la création d'un fonds cantonal servant à toutes sortes d'utilisations restant à définir. Dans l'une comme dans l'autre de ces propositions manque, à mon avis, l'ambition de tirer un maximum d'avantages de ces retours! Nous restons, malgré l'essor économique remarquable qu'a connu notre canton ces cinquante dernières années, un des parents pauvres de la Suisse. Nos dettes n'ont été remboursées que grâce à la vente d'or de la Banque Nationale. Nous restons, et ceci malgré une charge fiscale encore élevée en comparaison suisse, fortement tributaires de la manne fédérale pour équilibrer bon an, mal an notre ménage cantonal! Au-delà des convoitises du moment, essayons ensemble de passer d'un statut de simple loueur d'eau à celui plus ambitieux, plus rémunérateur et combien légitime de copropriétaire de la production hydroélectrique du canton. Ce n'est ni le charbon de Grône ni l'uranium du Mont Chemin qui vont donner un nouveau souffle à notre économie. Notre canton peut et doit saisir l'occasion du retour des concessions pour mieux faire en matière de création de places de travail qualifiées. Une plus grande maîtrise de la production et de la commercialisation de l'électricité nous permettrait, entre autres choses, de couvrir au minimum nos propres besoins en énergie, de procurer aux entreprises des conditions cadres favorables à leur développement et de créer ainsi les places de travail qui font cruellement défaut aujourd'hui. N'oublions pas qu'actuellement les 80% de la production d'électricité échappent aux Valaisans. Pour se donner les moyens d'agir, il serait judicieux que canton et communes consacrent, dès maintenant et dans une forme qui reste à définir, une part de leur marge d'autofinancement à la constitution de réserves financières significatives en vue d'accroître notre part du gâteau. Il serait faux et contraire aux intérêts bien compris de l'ensemble du canton de vouloir aller en formation dispersée négocier avec les concessionnaires actuels. Regroupons plutôt toutes les forces du canton, s'il le faut, en adaptant les bases légales pour devenir enfin acteur incontournable en matière d'hydroélectricité.
par Pierre Perren, Veyras