courrier des lecteurs

Des particules fines envahissent l'air pur du Valais

25 févr. 2011

Mardi 15 février 2011. Je lis avec intérêt "Le Nouvelliste" No 38 de ce jour. Il consacre les trois premières pages aux "particules fines" (PM) qui polluent notre canton. Des chiffres: 60% de la population du Valais (env. 200 000) vivent dans des régions infectées par les PM. En Suisse, 3700 décès annuels sont imputés à ce phénomène. Les Valaisans sont particulièrement exposés par la configuration d'une vallée fermée et peu aérée. Un infographe nous renseigne sur les origines des PM incriminés: benzine, pétrole, charbon, bois, pneus, garniture de freins, poussières. Pendant que je lis, avec une attention mêlée d'effroi, les détails morbides communiqués par le Service cantonal de l'environnement, mes oreilles et mes nerfs sont mis à vif par le bruit de l'aviation militaire qui s'amuse, depuis dix jours, dans le ciel bleu du Valais. Question: pourquoi l'article en question ne parle absolument pas de la triple pollution due à l'aviation militaire? Pollutions: atmosphériques, chimiques et nerveuses. On sait qu'un F/A-18 brûle environ 5000 litres de kérosène à chacun de ses vols de moins d'une heure. On sait aussi que les décibels autorisés sont dépassés et répercutés dans toute la région. On sait aussi que toutes les réclamations, les interventions, les études, les promesses sont systématiquement oubliées et occultées. La preuve: l'article d'aujourd'hui! P.S. Notons aussi qu'une grande partie des appareils décollent effectivement de Payerne, mais qu'ils s'empressent, trois à quatre minutes plus tard, de venir tourniquer dans le ciel valaisan et nous gratifier de leurs "particules fines". Cette précision rend caduques les explications et le plan d'engagement donnés par la direction de la base militaire de l'aérodrome de Sion.
par Stany Wuilloud, Sion