courrier des lecteurs

Couvre-feu à La Fouly

25 août 2011

Un 17 août bien chaud m'a donné envie d'inviter mon mari dans une vallée voisine, au joli village de La Fouly. A 20 h 45 pétantes, nous sommes entrés dans un établissement où une jolie petite table semblait parfaite pour nous accueillir autour d'une salade. Hélas, sans explication ni détour, on nous dit que la cuisine est fermée et ceci malgré le fait que deux tables entament des assiettes toutes chaudes. Etonnés mais pleins d'élan, nous nous sommes rendus dans un autre établissement. Là, à 20 h 50 et quelques poussières d'étoiles, une serveuse nous dit ceci tel quel: "Nous avons eu beaucoup de clients à la carte, le chef n'en peut plus, je suis désolée..." Au pied de ces montagnes imposantes sous un ciel étoilé, nous nous sommes demandé, éberlués, si les établissements de La Fouly avaient décrété un couvre-feu à 20 h 30 pour une raison précise. Le ciel va-t-il tomber sur nos têtes et nous n'en savons rien? Ou alors après cet été pourri et difficile, le seuil de tolérance au travail s'est-il considérablement réduit comme poussière de lune au point de franchir le seuil des 2 heures par soir? Nous imaginions une famille italienne ou espagnole, aux horaires de repas plus tardifs, arrivant avec des enfants les yeux remplis d'étoiles à l'idée de manger une croûte au fromage suisse: aucune explication ni aucune suggestion d'autre solution? Pour ces "moutons noirs" de la profession, peut-être serait-il utile de voyager un peu, ici et là ou dans d'autres contrées où les contraintes sont similaires à celles de nos villages à vocation touristique, d'en prendre un peu de la graine et de revoir leur copie? Bien heureusement, quelques kilomètres plus bas, nous avons été très bien accueillis. Le repas fut délicieux, le vin revigorant et le ciel tout aussi étoilé. Allez, sans rancune. La prochaine fois, à La Fouly, on viendra avec un pique-nique!
par Rebecca Luisier, Le Châble