courrier des lecteurs

Chavalon: un bon projet?

4 avr. 2011

A la suite de la catastrophe survenue au Japon, le Conseil des Etats vient de renvoyer en commission la motion qui remettait en cause le projet de centrale à gaz de Chavalon. Selon les données du projet, Chavalon produirait 2.2 TWh par an, ce qui permettrait d'alimenter les besoins de 460 000 ménages. Ces chiffres sont certes impressionnants mais ils ne doivent pas masquer le faible rendement global du projet en raison de l'impossibilité de valoriser la chaleur résiduelle dans un réseau de chauffage à distance (couplage chaleur-force, ou cogénération). Alors que l'on ne peut pas s'opposer fondamentalement à la production d'électricité par des centrales à gaz, il s'agit de viser des projets à cogénération atteignant des hauts niveaux de rendement, comme celle inaugurée en 2009 sur le site industriel de Monthey avec un rendement de 80%, contre 58% pour le projet Chavalon. Localement et globalement, l'implantation de nouvelles usines polluantes soulève de fortes inquiétudes. Avec ses rejets annuels évalués à 750 000 tonnes de CO2 – ce qui ne va pas aider la Suisse à atteindre ses engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre – ainsi que ses émanations chimiques, la centrale de Chavalon représenterait un gros générateur de nuisances et de pollution qui s'ajouteraient aux charges environnementales déjà importantes dans la vallée du Rhône. La promotion de pompes à chaleur évoquée comme mesure de compensation ne ferait que s'ajouter à la consommation d'électricité, dont l'augmentation est utilisée comme argument justifiant le projet... Les promoteurs du projet souhaitent une flexibilité de la production d'électricité afin de tirer un profit maximum des variations de tarifs sur le marché de l'énergie. Ceci implique un fonctionnement irrégulier, avec des redémarrages fréquents, générant une pollution supérieure aux prévisions du rapport d'impact. Le projet Chavalon s'inscrit dans une démarche de marchands d'électricité, louable en soi, mais dont le concept ne correspond pas aux préoccupations d'efficience énergétique d'aujourd'hui et de demain.
par Association Chablair, Susanne Jungclaus Delarze, présidente