courrier des lecteurs

Aéroport de Sion: un chantage basé sur des chiffres fantaisistes

13 mai 2012

Le courrier de Philippe Schifferlé («Le Nouvelliste» du 9 mai) a retenu toute mon attention. Si pour lui, devenir sérieux c'est nous donner des chiffres aussi faux, il n'est pas aussi compétent qu'il prétend l'être. Il est toujours très facile de dire «des millions par ici, des millions par là». Ce n'est pas de votre argent qu'il s'agit, mais bien de celui du contribuable. Invoquer 160 emplois c'est faux: il ne faut pas compter à double les quatre pattes des chiens d'intervention. Les 40 apprentis: combien par année? Combien d'échecs? Et combien au final? Vous invoquez l'économie locale, (logement et nourriture des militaires) les investissements d'infrastructure de cet aéroport pour en faire un chantage à nos autorités communales et cantonales. Non, M. Schifferle, l'aéroport ne sera pas mort avec le départ des jets militaires F/A-18, Tigers et autres Gripen... Il pourra au contraire devenir un superbe aéroport civil qui vivra sans l'apport de l'armée. Pour cela il vous suffit d'aller sur le site http://ras-le-bol.ch. Vous y trouverez le rapport de l'EPFL sur l'aérodrome de Sion qui vous l'expliquera avec des chiffres d'experts, non fantaisistes comme les vôtres. D'autre part, vous évoquez les riverains qui ont construit à proximité de l'aéroport avec autorisation communale. Mais malheureusement, nous ne sommes pas les seuls, puisque 80 000 à 90 000 habitants du Valais central sont concernés par la baisse de valeur immobiliaire de leurs biens. Celle-ci se chiffre par centaines de millions qu'aucun vol de jets de combat ne pourra jamais compenser. Enfin, vous nous proposez de déménager, d'aller voir ailleurs si le bruit nous dérange. Je crois que vous êtes mal placé pour le faire. Vous oubliez que nous sommes citoyens de souche de ce beau canton du Valais, et que nous avons le droit inaliénable d'y conserver nos racines.
par René Lorétan, Sion