Courrier des lecteurs

21.02.2021Tolérer ou punir ?

Croiser une touriste en burqa: faut-il en rire ou en pleurer? Dans les deux cas, je crains d’être accusé d’islamophobie. 
Je n’aime pas la burqa pour de nombreuses raisons et j’espère sa disparition volontaire. Tous les extrémismes m’effraient. Mais je préfère une société harmonieuse, assaisonnée du sel de l’amitié, de l’huile du respect des personnes et du poivre de nos désaccords, qu’à la peur fantasmée des chantres du choc des civilisations. 

L’affiche malveillante de la campagne des initiants m’incite même à refuser résolument un texte qui, sous prétexte de défendre nos traditions, a intentionnellement mis dans les yeux de la caricature une méchanceté et une agressivité nullement justifiées. Nous avons bien d’autres préoccupations pour améliorer les rapports entre toutes les cultures, religions, qui se côtoient dans nos sociétés. Mieux vaut des échanges, même houleux, que des silences méfiants.

Des dialogues sereins sur les questions litigieuses de la liberté individuelle et de la présence dans l’espace public de symboles religieux, culturels et autres particularités sont plus importants que cette interdiction que les ténors de la suspicion nous invitent à voter. Son acceptation enlaidirait notre Constitution. 

J’ose espérer qu’un non majoritaire laissera la chance à toutes les personnes de bonne volonté aux convictions opposées de se rencontrer pour en discuter pacifiquement. 

Michel Bavaud, 1733 Treyvaux
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