Courrier des lecteurs

30.10.2020Stop aux abus!

En 2007, j’ai passé cinq mois à Abra Pampa, une petite ville de l’Altiplano argentin. En 1987, une raffinerie de plomb laissa à l’abandon plus de 60 000 tonnes de déchets aux abords de cette cité. La grande majorité des enfants de cette ville avait un taux de plomb dans le sang dépassant toutes normes tolérables.

Ce qui était le plus choquant pour moi, c’était de voir l’impossibilité pour ces gens d’obtenir réparations. Ils n’en ont jamais obtenu d’ailleurs. Et les enfants sont restés malades. Il leur a même fallu trente ans pour obtenir de l’Etat argentin l’assainissement des lieux!

Aujourd’hui, à Cerro de Pasco, au Pérou, les enfants d’une ville contiguë à une mine appartenant à la multinationale suisse Glencore sont contaminés au plomb et à d’autres métaux lourds. 

A Cerrejòn, en Colombie, une mine de Glencore pollue l’eau potable de 450 000 personnes. 

A Mopani, en Zambie, elle empoisonne et tue la population en ne prenant pas les mesures nécessaires pour empêcher l’émanation de dioxyde de soufre de sa fonderie de cuivre. 

A Yavatmal, en Inde, un pesticide de Syngenta empoisonne des travailleurs agricoles. 

A Jalabiya, dans le nord-est de la Syrie, LafargeHolcim finance la milice terroriste Daesh. 

À Monrovia, au Libéria, Sogescol-Socfinco multinationale du caoutchouc basée à Fribourg, expulse la population autochtone de ses terres à l’aide de bulldozers pour y implanter sa monoculture.

L’initiative pour des multinationales responsables vise une évidence: lorsque des multinationales bafouent les droits humains et environnementaux, elles doivent rendre des comptes. Cette initiative, en plus de permettre aux victimes d’accéder à la justice et d’obtenir réparation, supprimera l’avantage concurrentiel pour les multinationales irresponsables et apportera une meilleure image à la Suisse.

Besson Maurice, 1971 Grimisuat
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