courrier des lecteurs

Mauvaise foi et contre-vérité

18 mai 2009

On constate, à grand regret, que ni SantéSuisse ni Pascal Couchepin n'ont vraiment une vision cohérente de notre système de santé. D'une part, SantéSuisse fait preuve d'une mauvaise foi crasse en réclamant des économies de la part des médecins, omettant sciemment de rappeler que les tarifs médicaux (Tarmed, Liste des analyses) sont déjà à la baisse depuis plusieurs années, que les médecins de premier recours jouent, depuis des décennies, un rôle déterminant pour modérer l'augmentation des coûts de la maladie et que grâce aux cercles de qualité médecins-pharmaciens, structure pionnière instaurée depuis plus de dix ans dans le canton de Fribourg, des millions de francs d'économie ont été réalisés sur le coût des médicaments au bénéfice des caisses-maladie et des assurés. D'autre part, quant à Pascal Couchepin, en instaurant une taxe de consultation de 30 francs à la charge du malade, il se fonde sur une contre-vérité. Nous pouvons certifier que les patients ont toujours un juste motif pour nous consulter, qu'il soit implicite ou explicite. L'idées que l'on consulte pour rien ou pour le bon plaisir du docteur est absolument fausse. Cette taxe pénalisante, tout à fait injuste et antisociale, d'une part va pervertir la relation médecin-malade et, d'autre part, ne conduira à aucune réelle économie. Le dépôt de trois initiatives parlementaires pour renforcer la médecine de famille montre bien à quel point, face à la dérive actuelle, il faut recentrer le débat politico-économique sur une réelle politique de santé publique par un dialogue constructif et décisionnel entre tous les partenaires concernés. A l'orée de mes trente ans de pratique, je continue d'espérer!
par Dr Ivan Nemitz, Estavayer-le-Lac