courrier des lecteurs

Pauvre PS

15 nov. 2012

Ainsi donc le Parti socialiste a décidé de combattre la révision de la LAT soumise à votation populaire le 3 mars prochain. Avant toute autre analyse, il faut saluer ce soutien supplémentaire à un combat qui s'annonce d'ores et déjà difficile. Mais si le fond est correct, la forme l'est moins. Probablement que le parti socialiste est encore groggy, lui qui sort à peine de son divorce ruineux d'avec les écologistes. Il lui faut donc à tout prix se démarquer, quitte à retourner quelques vestes. Et pour expliquer aux camarades pourquoi dorénavant les socialistes ne soutiennent plus les défenseurs des petites fleurs, comme les arguments rationnels manquent cruellement, on ressort la vieille rengaine anti-PDC. C'est bien connu, la meilleure défense c'est l'attaque. Ainsi donc la révision de la LAT serait la punition divine –pardon bernoise– infligée à un canton qui a vécu sous le régime totalitaire du PDC. Lequel PDC aurait passé les trente dernières années à ne rien faire en matière d'aménagement du territoire. A ce stade, la tentation est grande de donner raison aux dirigeants du socialisme valaisan. En effet, les hommes et les femmes qui dans ce canton tiennent le pouvoir du terrain, les conseillers d'Etat mais aussi les exécutifs communaux, ont consacré une bonne part de leur énergie ces dernières années à combattre les idées de la gauche: suppression des forfaits fiscaux, attaques régulières contre le fédéralisme au profit d'une centralisation du pouvoir à Berne, vol de la compétence des cantons dans le prélèvement de l'impôt sur les successions et l'introduction d'un impôt en ligne directe, opposition aux NLFA… Les élus PDC ont aussi veillé à l'application de l'article 108 de la constitution qui veut encourager la construction de logements et l'accession à la propriété, en particulier l'acquisition et l'équipement de terrains en vue de la construction de logements. Mais ça, les dirigeants socialistes ne le savent pas, tant ils ont de la peine à se faire élire à l'échelon local, lorsqu'il faut répondre aux préoccupations de la population et pas déclamer des grandes théories. Alors non, messieurs les dirigeants socialistes. Quand vous aurez de bonnes idées pour l'avenir de notre canton, on prêtera de nouveau une oreille à vos propos, mais tant que vous n'aurez que rancœur et critique gratuite à la bouche, on vous laissera, comme vos anciens partenaires verts l'ont fait, au bord du chemin.
par Carole Furrer, secrétaire générale du PDCV