courrier des lecteurs

Ce n'est pas une question de séparation de l'Eglise et de l'Etat

8 févr. 2014

En réponse au courrier de M. Wilfrid Heu, je pense qu'il y a eu un biais de compréhension dans cette affaire de catéchisme. Les nomination et le contenu du catéchisme sont effectivement de la responsabilité de l'Evêché, et les cours d'éthique et de cultures religieuses de l'Etat. Les deux pouvoirs spirituel et temporel sont ici bel et bien séparés. On pourrait évidemment discuter du bien fondé de la discorde qui existe entre la catéchiste haut-valaisanne et sa hiérarchie ecclésiastique. Etait-ce bien légitime ou même morale de la démettre de sa fonction pour divergence du vue, cela leur appartient, et avouons que nous n'en connaissons pas les détails. Le Conseil d'Etat a d'ailleurs décidé que cette décision de rupture de collaboration revenait in fine à l'Evêché qui était dans son bon droit. L'enseignement laïque de l'éthique et de cultures religieuses n'est pas du domaine de l'Eglise, même si, ne nous leurrons pas, dans un canton catholique, celle-ci y conserve un droit de regard. Mais si la catéchiste haut-valaisanne ne s'est pas vu attribuer des heures de cette branche scolaire, cela ne s'est pas fait au nom de la non-séparation de l'Eglise et de l'Etat, mais plutôt au nom d'un certain rationalisme dans l'organisation de l'enseignement scolaire. L'Ethique et la culture des religions est une branche du programme scolaire au même titre que les autres sciences humaines que sont l'histoires ou la géographie. A ce titre, cette branche scolaire ne nécessite pas de spécialiste extérieur. Les enseignants sont des généralistes sans doute mieux formés qu'une catéchiste à enseigner cette branche. Il est d'ailleurs normal que la profession d'enseignant qui nécessite une formation méticuleuse soit protégée. Il est donc logique que les heures d'enseignement laïque de la religion reviennent aux professionnels de l'enseignement plutôt qu'à des religieux extérieurs. Cela ne relève pas d'un manque de séparation de l'Eglise et de l'Etat, bien au contraire. L'Ecole n'a pas à récupérer les personnes jugées indésirables par l'Eglise au nom d'une quelconque charité laïque. Le droit d'enseigner s'acquière par l'achèvement d'un diplôme supérieur en pédagogie.
par Yves-Jean Schaffer, St-Léonard