17.12.2017Les signes religieux dans nos écoles

On a vu, il y a peu, un combat épique au Grand Conseil à propos de l’initiative de l’UDC portant sur le voile islamique. Tête nue ou pas c’est bien le voile islamique qui est au centre du débat. Plusieurs députés UDC se sont référés à des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), soit à des juges étrangers pourtant honnis par ce parti, pour essayer de valider leur initiative.

Or que disent ces arrêts: pour la France le voile islamique est proscrit des écoles. La Cour a pris cette décision car les écoles françaises sont laïques et donc aucun signe religieux n’y est admis. En ce qui concerne l’Italie la Cour s’est déterminée sur la présence de crucifix dans les salles de classe (Arrêt Lautsi). La Cour accepte ces signes sous la réserve expresse que les signes des autres religions, dont le voile islamique, y sont aussi acceptés. Les députés UDC ont fait l’impasse sur ces considérants et n’ont retenu que ce qui les arrangeait dans leur combat.

A la lecture complète de ces arrêts il est évident que si l’UDC pousse son combat sectaire jusqu’à ce que l’interdiction du voile islamique soit validée par le peuple ou par d’autres décisions de nos élus, il sera aisé par qui que ce soit d’intenter une action pour inégalité de traitement, tous les juges étant très sensibles à cet aspect du droit, leur décision sera à coup sûr soit la ré-autorisation du port du voile islamique ou la suppression impérative de tous les signes religieux de nos salles de classe ce qui imposera, à nous Valaisans, de revoir totalement notre loi scolaire.

Notre Grand Conseil a, à mon humble avis, pris une très sage décision en déclarant l’initiative «Tête nue» irrecevable, permettant ainsi de poursuivre une expression multiple et sereine des signes religieux. Ce thème reviendra certainement avec vigueur lors des débats de la Constituante, préparons-nous à l’aborder sereinement.

Mario Travelletti

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