Courrier des lecteurs

26.01.2021Les politiciens et le paysage

L’avez-vous remarqué? Les candidat.e.s aux élections cantonales, et je ne fais pas exception, choisissent souvent un paysage valaisan de rêve en guise de photo de couverture sur les réseaux sociaux: lac de montagne, automne flamboyant ou cimes enneigées. Cela montre l’importance des paysages naturels dans notre identité.

Quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse, le capital touristique de notre canton réside et résidera toujours dans son paysage. Selon le SECO, la valeur du paysage suisse pour le tourisme se chiffre à 70 milliards de francs. Allez faire un tour sur le site web ou dans les brochures de Valais/Wallis Promotion: on y voit des villages authentiques, une agriculture traditionnelle, des écosystèmes sauvages. Je n’ai encore jamais vu de promotion touristique sur fond de zone commerciale de plaine, d’immeubles locatifs neufs à moitié vides ou de gros terrassement pour une nouvelle route de montagne.

Durant la dernière législature au Grand Conseil, j’ai fait quatre fois l’expérience de l’exercice du budget. Chaque année, le petit groupe des Verts a tenté des amendements pour mettre plus de moyens pour la valorisation des paysages naturels. 140 000 francs refusés en 2018 pour l’entretien agricole des surfaces inventoriées d’importance nationale, 1 million refusé en 2019 pour la renaturation des cours d’eau, 1,3 million refusé en 2020 pour les biotopes (ce montant avait été au préalable coupé par le Conseil d’Etat). Lorsque le Grand Conseil débat du budget cantonal, les paysages ne jouent pas dans la même catégorie que les routes.

Mon souhait pour la prochaine législature est que les futur.e.s élu.e.s donnent autant d’importance aux paysages naturels dans leurs votes et dans leurs décisions que dans leur profil Facebook ou leur vidéo de campagne. 

Emmanuel Revaz, député, 1922 Salvan
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